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C'est ce qu'on appelle l'orpaillage sauvage comme il est trop souvent et couramment pratiqué en Guyane française et dans les pays limitrophes.
Les impacts de cette activité sont classés par leur importance sur le milieu naturel et les hommes.
La plus grave et la plus pernicieuse est la pollution induite par les rejets de carburant et mercure pour le milieu et l'homme qui y vit.
Le mercure est lui utilisé pour le traitement du minerai. La propriété qu'il a d'amalgamer l'or est employée pour dégager l'or fin de la boue.
Plus grave encore c'est que toutes les exploitations aurifères se trouvent en amont des villages.
En outre, en l'absence de bassin dit de décantation, les criques et fleuves sont saturés par les rejets de boue. Les matières minérales en suspension colorent d'une teinte jaunâtre caractéristique l'eau en aval.
Le milieu aquatique se retrouve complètement asphyxié.
La flore aquatique souffre aussi et dépérit. La salade coumarou, végétation typique des sauts (rapides rocheux), qui fournit nourriture et abri à une foule de poissons et insectes, disparaît. Les algues, avec une eau devenue opaque à la pénétration des rayons solaires, ne peuvent effectuer de photosynthèse.
D'importants bancs de sable et de graviers apparaissent quand un fleuve est travaillé avec des barges suceuses. Celles-ci après avoir aspiré le fond rejettent, par tas, quantité de matières minérales d'assez gros calibre, qui avec le temps forment de nouveaux reliefs. Ceux-ci modifient l'écoulement des eaux tout en réduisant en saison sèche la navigabilité.
Après l'exploitation d'un placer aurifère quand il n'y a pas de remise en état, la forêt ne reprend plus ses droits. Les sols pollués, retournés, compactés limitent la revégétalisation, longtemps après qu'ils soient laissés à l'abandon.
Pendant la durée de l'exploitation d'un site, la prédation humaine sur la faune est une pression supplémentaire exercée par l'homme sur le milieu. Le gibier entre pour une part importante dans l'alimentation des orpailleurs.
Il ne faut surtout pas négliger outre la chasse, les perturbations de l'habitat.
Des mesures préventives de travail, de remises en état existent pour limiter au maximum les dégradations provenant de cette activité.
En fait d'or et nature, c'est plus mort et mercure.
Prévoteau
Jean-Marie
Carburants et huiles de vidange des moteurs et machines se retrouvent sur les sites d'exploitation. Mal stockés et volontairement ou inconsciemment abandonnés ils polluent l'eau des rivières, les sols et la nappe phréatique.
L'or pur, est ensuite récupéré en faisant chauffer l'amalgame. Le mercure s'évaporant. Si cette opération n'est pas réalisée à l'aide d'un alambic appelé retorte qui permet la récupération du mercure évaporé, celui-ci devenu gazeux va se transformer en méthylmercure : une dangereuse source de pollution qui entrera dans la chaîne alimentaire. Ce méthylmercure se retrouve concentré dans les poissons, source importante de l'alimentation des populations humaines vivant traditionnellement en forêt.
En temps normal ces matières minérales, des argiles, qui arrivent dans les cours d'eau par le ruissellement des pluies sont de l'ordre de 20-30 mg par litre. Sans bassin de décantation elles passent à 140 000 mg par litre.
Les poissons ont les branchies colmatées, et un goût impropre à la consommation.
En plus des pollutions dues par les carburants, les huiles de vidange des machines et surtout le mercure, et l'asphyxie des poissons et plantes aquatiques par les boues, d'autres nuisances pour l'homme et l'environnement apparaissent quand l'orpaillage est pratiqué sans respect de la réglementation de la nature.
Fossés remplis d'eau stagnante, monticules de sable et gravillons, fûts d'essence vides, matériels et outillages de chantiers, baraquements sont les vestiges et témoignages de l'orpaillage sauvage.
Tapirs, pécaris, pakiras, pacs, agoutis, singes, biches et caïmans figurent au menu des cantines. Pour ravitailler les chantiers et par mesure d'économies plusieurs équipes de chasseurs se relaient. Elles exploitent activement des zones de chasse qui auparavant ne l'étaient que très peu. Ou pas du tout.
Nuisances sonores, olfactives et modifications des biotopes. Le bruit, les odeurs, l'ouverture de clairières, de pistes et la déforestation sont autant d'atteintes à l'environnement.
Cependant elles ne sont pas vraiment appliquées par les orpailleurs légaux ou illégaux car elles sont coûteuses ou méconnues. De plus elles sont très rarement imposées par l'administration et surtout peu souvent contrôlées.