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| Le plus gros des mammifères terrestres sud
américain déambule placidement dans les bois guyanais.
Nullement agressif pour ne pas dire plutôt craintif, le Tapir
ou Maïpouri n'est qu'un herbivore vivant exclusivement en
forêt. Il a pour curieuse habitude de déféquer dans l'eau. Il passe d'ailleurs une part non négligeable de son temps dans l'élément aquatique. Sans doute pour se soulager de son poids, mais aussi, plus sûrement par simple plaisir. Il nage très bien et traverse les fleuves les plus importants sans la moindre difficulté. L'eau lui sert aussi de refuge tout autant que la fuite en cas d'attaque du jaguar son prédateur attitré hormis bien sûr l'homme ! La femelle défend toutefois son petit avec ses dents et ses pattes avant qu'elle utilise comme armes de défense. La famille des Tapiridae ne comprend seulement que 4 espèces dont une est en Asie, les 3 autres étant sud américaines. En ce qui nous concerne c'est le Tapirus terrestris que l'on rencontre dans le département. On le nomme également Tapir brésilien. Il mesure environ 2 mètres de long pour une hauteur au garrot de 1 mètre et pèse jusqu'à 300 kg. Le poids moyen oscille de 200 à 250 kg. il est à noter que les femelles sont plus imposantes que les mâles. Le jeune qui pèse de 3 à 5 kg à la naissance parfois 10 kg, est couvert jusqu'à 7-8 mois de bandes longitudinales d'un blanc sale qui lui offre un superbe camouflage dans le sous-bois. Ces bandes ont pour fonction de casser le contour de l'animal et de le rendre pratiquement invisible à une certaine distance. Le pelage chez l'adulte est d'un brun marron uniforme avec sur le cou une courte crinière allant de l'épaule au sommet du crâne. Le sommet des oreilles est blanc et sa lèvre supérieure est légèrement allongée ressemblant à une courte trompe, elle lui sert à attraper les feuillages dont il se nourrit. 4 doigts aux pattes avant et 3 aux pattes postérieures complètent là le tableau de l'animal, qui a la taille d'un petit poney de très robuste constitution.
Le Maïpouri ou Tapir est un Périssodactyle, plus
simplement, il fait partie de la famille des rhinocéros,
chevaux, ânes et zèbres. Ils ont 4 doigts aux pattes
avant et 3 aux pattes postérieures.Le broyage des végétaux est assuré par une grande rangée de molaires et prémolaires et chose curieuse pour un animal végétarien, il possède des canines de belle taille. Malgré son aspect de petit hippopotame et sa lèvre supérieure en petite trompe qui lui donne un faux air d'éléphant, il n'a rien à voir avec ces 2 animaux africains. Il s'agit là simplement d'un cas parmi tant d'autres dévolutions convergentes. Ils peuvent vivre 35 ans en captivité, mais bien sûr moins longtemps dans la nature du fait des prédateurs. Leur densité est de 0.4 individu au km2. Les tapirs sont solitaires et nocturnes même s'ils peuvent être aperçus de jour. Le territoire des mâles recoupe ceux des femelles et un marquage odorant, le balise. Ils ont pour habitude d'emprunter régulièrement le même chemin qu'ils abandonnent prestement s'ils y sentent un danger. Ils communiquent entre eux par de courts sifflements qui sont d'ailleurs imités par les chasseurs pour les attirer. Une récente étude a démontré que le Tapir avec la complicité de l'Agouti (un petit rongeur) est un excellent disséminateur des graines du palmier Maripa. Le Tapir crée de véritables îlots de population de ce palmier au sein de la forêt. Les graines sont transportées loin des pieds mères dans les déjections du Maïpouri, les Agoutis sont eux friands de l'amande ils les récupèrent et les enfouissent pour plus tard, mais en oublient quelques unes. Qui en profitent pour pousser . . . ! Malheureusement pour lui ,le Maïpouri figure dans la liste des gibiers autorisés en restauration et par conséquent chassable. Il possède un faible taux de reproduction et la femelle ne met bas qu'un petit tous les 13 mois, jeune qu'elle garde sous sa protection au moins un an. En outre, une forte demande de consommation font qu'il a pratiquement disparu de la bande côtière, tout autant, que la proximité des villages de l'intérieur. Dans certains pays d'Amérique centrale ses effectifs sont en grande diminution et au Salvador une espèce de Tapir a purement et simplement été exterminée, dans le reste de l'Amérique du sud ils déclinent partout ailleurs. Du fait de la chasse, mais aussi parce que son habitat, la forêt, est aussi détruit. Un faible taux de reproduction ne peut compenser Le tapir fait partie des plus anciens mammifères au point de vue évolutif : au Cénozoïque (ère tertiaire), ils formaient déjà un groupe important présent à l'emplacement de l'Europe, l'Amérique du Nord et la Chine. Il serait urgent de le reclasser en Guyane au niveau de la liste d'espèces autorisées si l'on veut pouvoir continuer à le voir vivant dans nos forêts pour les décennies à venir. |
Prévoteau Jean-Marie