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| LA PLUME A L'OREILLE d'André paradis 09/10/87 |
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C’est touchant, cette
volonté des marchands en tout genre à moderniser, qu’ils disent, nos structures
commerciales. On dirait qu’ils vivent tous dans l’angoisse qu’il nous reste 10
francs à la fin du mois. C’est le contraire de beaucoup de gens qui vivent dans
l’angoisse qu’il ne leur reste PAS 10 francs, et longtemps avant la fin du
mois. Et justement! En cette période d’impôts tous azimuts, le nombre de
chèques sans provisions atteint paraît-il des sommets inespérés. Comment
peut-on être sans provisions devant l’exubérance de notre commerce, ça je me le
demande. Même le percepteur, paraît-il, reçoit des chèques sans provisions.
Qu’est-ce que ce sera, lorsque nous serons enfin! à égalité avec l’Outre-Océan,
lorsque nous aurons nos Galeries Lafayette, notre Printemps, notre Samaritaine,
nos Darty et no Mammouth à tous les carrefours. Quel beau jour que ce jour-là!
Nous pourrons enfin nous vautrer dans une orgie de chèques, si toutefois nos banques
parviennent à en fabriquer assez, ce qui est très douteux.
© André Paradis le 09 octobre 1987 |
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