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Elève-administrateur des
colonies, puis administrateur-adjoint en 1910, Felix Eboué est
affecté en Afrique Equatoriale Française (AEF). Il est
nommé à Madagascar puis en Oubangui. Pour mieux asseoir
son administration, il s'efforce d'apprendre les us et coutumes de
ses administrés et bientôt, l'origine des manifestations
auxquels se livrent périodiquement les natifs du pays
(fêtes, cérémonies religieuses, danses, jeux)
n'aura plus de secrêt pour lui. Il va même jusqu'à
écrire et faire publier en 1918 une étude sur les
langues Sango, Banda et Mandjia. Sa politique administrative
basé sur l'épanouissement des valeurs humaines et
sociales dans un cadre de concertation et de respect des traditions
africaines est très appréciée et il est
nommé en 1927 Chevalier de la Légion d'Honneur sur la
proposition du Ministre de l'Instruction Publique.
Durant trois congés successifs, Félix Eboué
revint en Guyane retrouvant avec plaisir sa famille et ses amis et
partageant avec eux souvenirs et expériences africaines. C'est
ainsi qu'il fit découvrir l'écrivain René Maran,
guyanais comme lui, adjoint des Affaires Civiles en AEF, qui en 1921
reçut le prix Goncourt pour son roman Batouala.
Au cours d'un de ses congés en Guyane (juin 1922), il épouse
Eugénie Tell à Saint-Laurent. Sa mère meurt en
1926 rejoignant son père disparu des années avant.
Félix Eboué passe vingt années de service en
Afrique-Équatoriale française qui lui permettront de
donner sa mesure et de révéler ses qualités
d'administrateur.
Nommé en 1933 secrétaire général
à la Martinique, Félix Eboué y remplace de
juillet 1933 à janvier 1934 le gouverneur titulaire parti en
congé pour deux ans. Après la Martinique, c'est le
Soudan français et Félix Eboué est enfin
élevé au rang de gouverneur et nommé à la
Guadeloupe en 1936. C'était le premier noir qui
accédait à un grade aussi élevé. En
Guadeloupe, il met en pratique son esprit de conciliation dans un
contexte social troublé C'est dans cette colonie, à
l'occasion de la remise solennelle des prix le 1er juillet1937 au
lycée Carnot de Pointe-à-Pître, qu'il adressa
à la jeunesse d'Outre-Mer son célèbre discours
"Jouer le Jeu" dont voici quelques extraits :
- Joué le
jeu, c'est être
désintéressé
- Joué le
jeu, c'est
piétiner les préjugés, tous les
préjugés et apprendre à baser
l'échelle des valeurs sur les critères de
l'esprit.
- Joué le
jeu, c'est
mépriser les intrigues et les cabales, ne jamais
abdiquer, malgré les clameurs ou menaces, c'est
poursuivre la route droite qu'on s'est
tracée.
- Joué le
jeu, c'est savoir tirer
son chapeau devant les authentiques valeurs qui
s'imposent et faire un pied-de-nez aux pédants et
aux attardés.
- Joué le
jeu, c'est aimer les
hommes, tous les hommes et se dire qu'ils sont tous
bâtis sur une commune mesure humaine qui est faite
de qualités et de défauts.
- Joué le
jeu, c'est
mériter notre libération et signifier la
sainteté, la pureté de notre
esprit...
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Devant la menace d'un futur conflit, il est nommé en 1938
gouverneur du Tchad, avec mission d'assurer la protection de la voie
stratégique vers le Congo ; il fait construire les routes qui
devaient permettre en janvier 1943 à la colonne Leclerc de
remonter rapidement à travers le Tibesti vers l'Afrique du
Nord. Dès le 18 juin 1940, Éboué se
déclare partisan du Général De Gaulle. Le 26
août, à la mairie de Fort-Lamy, il proclame, avec le
colonel Marchand Commandant Militaire du territoire, le ralliement
officiel du Tchad au Général de Gaulle, donnant ainsi
"le signal de redressement de l'empire tout entier". M. René
Pléven, envoyé du Général de Gaulle
assistait à cette proclamation.Le 15 octobre il reçoit
De Gaulle à Fort-Lamy, qui va le nommer, le 12 novembre,
gouverneur général de l'Afrique-Équatoriale
française. Le 29 janvier 1941, il reçoit du
Général de Gaulle la Croix de Libération..
Eboué transforme l'AEF en une véritable plaque
géostratégique d'où partent les premières
forces armées de la France Libre, conduites par les
généraux de Larminat, Koening et Leclerc.
Résidant à Brazzaville, il organise une armée de
40 000 hommes et accélère la production de guerre ; il
peut enfin appliquer la politique indigène qu'il a eu le temps
de mûrir au cours de sa longue carrière. À
l'exemple de Lyautey, il souhaite que l'indigène puisse
conserver ses traditions et pense que l'appui des chefs coutumiers
est indispensable. Il combat pour l'insertion de la bourgeoisie
indigène dans la gestion locale. Il consigne toutes ses
idées dans son étude intitulée "La nouvelle
politique indigène pour l'Afrique Equatoriale
Française". La conférence des hauts dirigeants
administratifs des territoires africains tenue à Brazzaville
le 22 janvier 1944 retient la thèse d'Éboué sur
l'assimilation, mais il ne verra pas la réalisation des
projets. Fatigué, il part se reposer en Egypte, après
avoir séjourné en Syrie. Il meurt au Caire le 17 mai
1944 d'une congestion cérébrale. Entouré de sa
femme, de sa fille et de son fils cadet. La France, par la loi du 28
septembre 1948 ordonna que soient inhumés au Temple de
l'Immortalité (le Panthéon), les restes du Premier
Résistant de la France d'Outre-Mer.
La dépouille mortelle de Félix Eboué fut
débarquée le 2 mai 1949 à Marseille qui lui fit
un émouvant accueil. Le vendredi 20 mai 1949, après une
cérémonie à l'Arc de Triomphe et une
veillée funèbre aux côtés de
Victor Shoelcher, il entra au sanctuaire
de la Montagne Sainte-Geneviève.
 De Gaulle à Brazzaville au mois de septembre 1942,
accompagné du Gouverneur Félix Eboué  Le
général de Gaulle accueilli par Félix Eboué, gouverneur général de l'Afrique
Equatoriale Française (AEF) sur l'aérodrome de Brazzaville, septembre 1940.
HOMMAGES RENDUS A FELIX
EBOUE
- Le Général de Gaulle à Alger déclara :
- "La patrie et tout l'Empire sont en deuil de Félix Eboué. Gouverneur
Général de l'Afrique et compagnon de la libération. Chaque Français sait et se
souviendra quand maintenant en guerre, au pire momment de notre histoire, le
territoire du Tchad dont il était le Gouverneur, Félix Eboué a arrêté aux
lisières du Sahara l'esprit de capitulation, avant-garde de l'ennemi, consacré
un refuge à la souveraineté française, assuré une base de départ au triomphe de
l'honneur et de la Fidélité.
-
- Félix Eboué, Grand Français, Grand Africain est mort à force de servir. Mais
voici qu'il est entré dans le génie même de la France. "
-
- Marianne Cornevin, dans son ouvrage, " L'Histoire de
L'Afrique contemporaine, de la deuxième guerre mondiale à nos jours " :
- "Si l'on en juge par tout ce qu'on a pu lire au moment de la mort du
général De Gaulle (9 novembre 1970), il semble que les Français réalisaient mal
en 1970 la valeur extraordinaire du service rendu le 26 août 1940 par le
gouverneur général Félix Eboué à la cause de la France combattante. Comme le
disait De Gaulle, dans la citation à l'ordre de l'Empire : " le territoire du
Tchad a donné le signal du redressement à l'Empire tout entier ". Même si,
jusqu'au débarquement du 8 novembre 1942, l'Empire "tout entier " reste limité à
l'Afrique Equatoriale ( Cameroun, les Nouvelles Hébrides le 22 Juillet 1940,
Tahiti, le 2 septembre, la Nouvelle-Calédonie le 4 septembre, les Comptoirs
français de l'Inde, le 9 septembre). Le geste de Félix Eboué donne au général de
Gaulle une assise nationale. Sans ce point d'appui sur une terre de souveraineté
française, les français de Londres risquaient fort d'être considérés uniquement
comme des émigrés et leur chef comme un Jean-sans-terre! "
A PARIS
- En 1946, Jacques Soustelle, Ministre de la
France d'Outre-Mer, en présence de Madame Eboué, de
Gaston Monnerville, de G. Palewski représentant le
Général De Gaulle, inaugura, dans la cour d'honneur
du Ministère de la France d'Outre-Mer, une plaque
commémorative consacré à Félix
Eboué.
- Sur l'initiative du Gouvernement, la promotion
1947 de l'Ecole de la France d'Outre-Mer fut solennellement
baptisée : "Promotion du Gouverneur Félix
Eboué". Pour perpétuer, à l'interieur de
l'Ecole le souvenir de l'élève-administrateur de
1908, le samedi 21 janvier 1950 en présence notamment de
Gaston Monnerville, de Mme Eboué et de Mme Pavie (veuve du
fondateur de l'Ecole Coloniale en 1889), un marbre fut
dévoilé où l'on lit cette inscription
:
- A LA MEMOIRE DU GOUVERNEUR
GENERAL
- FELIX EBOUE
- PREMIER RESISTANT DE LA FRANCE
D'OUTRE-MER
- NE A CAYENNE LE 26 DECEMBRE
1884
- BREVETE DE L'ECOLE COLONIALE
(1908)
- DECEDE AU CAIRE LE 17 MAI
1944
- TRANSFERE A L'ECOLE, PUIS AU
PANTHEON
- LE 2O MAI 1949
-
- En 1947, le Conseil Municipal de la ville de
Paris décida de donner le nom de Félix Eboué
à l'ancienne place Daumesnil.
A CAYENNE
Pour perpétuer le souvenir de Félix
Eboué, la Guyane va lui dédier le 3 novembre 1944, un
Lycée à Cayenne, l'attribution d'une rue, d'une salle
de la préfecture, l'érection d'une statue et d'un
musée situé dans sa maison natale.
- Le vendredi 3 novembre 1944, jour de la rentrée des
classes, en présence de J. Surlemont Secrétaire
Général du Gouvernement, eut lieu l'inauguration du
"Lycée Félix Eboué" ainsi
dénommé par arrêté du 11 août
1944 sur la proposition du chef de l'Instruction Publique Just
Calveyrach. A cette occasion un marbre encastré dans le mur
de la salle même où étudia Félix
Eboué fut dévoilé. A cette
cérémonie assistait Samuel Chambeau alors
Surveillant Général du collège de Cayenne.

C'est dans ce bâtiment du collège de
Cayenne que débutèrent les études de
Félix Eboué
- Le 13 mars 1946 fut inauguré sur la place des Palmistes
à Cayenne, où était situé la fontaine
Merlet, le monument rendant hommage à Félix
Eboué.

Statue de Félix Eboué
à Cayenne
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Les inscriptions qui figurent sous la statue de
Félix Eboué, sont d'André Malraux
Etranger, va dire à Lacémone que ceux
qui
- sont morts ici sont tombés sous sa loi.
- Passant, va dire aux Enfants de notre Pays : De
ce
- qui fut le visage désespéré
de la France, les yeux
- de l'homme qui repose ici, n'ont jamais
reflété
- que les traits du courage et de la
liberté
|
- Le 14 juillet 1944 eut lieu, à l'occasion de la
fête nationale, l'attribution du nom de Félix
Eboué à la rue Richelieu qui passe devant sa maison
natale. Cette cérémonie fut conduite par Gustave
Charlery alors Maire de Cayenne.
- La maison où grandit Félix Eboué abrite
un musée ouvert au public.
Poème de Léopold
SEDAR-SENGHOR (extrait de "Hostie Noires"), écrit à
Paris en 1942
L'aigle blanc a glapi sur la mer, sur les îles,
comme le cri blanc du
- soleil avant midi.
- Le lion a répondu, le prince de la brousse qui
soulève la torpeur
- lâche de midi.
- Ebou-é ! Et tu es la pierre sur quoi se
bâtit le temple et l'espoir,
- Et ton nom signifie "la pierre ", et tu n'es plus
Félix ; je dis
- Pierre Eboué
- Les jeunes dieux de proie se sont dressés, ils
lancent leurs yeux
- sillonnés d'éclairs,
- Ils ont lancé devant eux l'ouragan et les faucons
planant sur
- les hordes de fer,
- Et toute la terre trembla au loin sous la charge massive de
l'orgueil.
- Ebou-é ! Tu es le lion au cri bref, le lion qui est
debout et qui dit non !
- Le lion noir aux yeux de voyance, le lion noir à la
crinière d'honneur,
- Tel un Askia du Songhoï, gouverneur au panache de
sourire.
- Tu es la fierté simple de l'Afrique mienne, la
fierté d'une terre vidée
- de ses fils.
- Vendus à l'encan moins cher que des harengs, et il
ne lui reste que son
- honneur,
- Et trois siècles de sueur n'ont pu soumettre ton
échine.
- Eboué-é ! Tu es pierre qui amasse mousse,
parce que tu es stable
- et que tu es debout.
-
- Mille peuples et mille langues ont pris langue avec ta foi
rouge,
- Et voilà que le feu qui te consume embrase le
désert comme la
- brousse,
- Voilà que l'Afrique se dresse, la Noire et la Brune
sa soeur.
- L'afrique s'est faite acier blanc, l'Afrique s'est faite
hostie noire
- Pour que vive l'espoir de l'homme.
EN GUADELOUPE
Félix Eboué fut nommé en 1936 Gouverneur de la Guadeloupe . C'était le
premier noir qui accédait à un grade aussi élevé. C'est en Guadeloupe, à
l'occasion de la remise solennelle des prix le 1er juillet1937 au lycée Carnot
de Pointe-à-Pître, qu'il adressa à la jeunesse d'Outre-Mer son célèbre discours
"Jouer le Jeu" dont voici quelques extraits :
- Joué le jeu, c'est
être désintéressé
- Joué le jeu, c'est
piétiner les préjugés, tous les préjugés et apprendre à baser l'échelle des
valeurs sur les critères de l'esprit.
- Joué le jeu, c'est
mépriser les intrigues et les cabales, ne jamais abdiquer, malgré les clameurs
ou menaces, c'est poursuivre la route droite qu'on s'est tracée.
- Joué le jeu, c'est
savoir tirer son chapeau devant les authentiques valeurs qui s'imposent et faire
un pied-de-nez aux pédants et aux attardés.
- Joué le jeu, c'est
aimer les hommes, tous les hommes et se dire qu'ils sont tous bâtis sur une
commune mesure humaine qui est faite de qualités et de défauts.
- Joué le jeu, c'est
mériter notre libération et signifier la sainteté, la pureté de notre
esprit...
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De nombreuses rues et avenues et de nombreux boulevards portent le nom de
Félix Eboué en Guadeloupe
Aux
Abymes, le monument aux morts situé sur la grand-place des Abymes de style
néocolonialiste, rend hommage à Félix Eboué, ancien gouverneur de la Guadeloupe;
Buste en bronze de Félix Eboué commandée par la Guadeloupe en
1970 au sculpteur Aslan
Buste de Félix Eboué sur la Place de la Victoire à
Pointe-à-Pitre.
EN MARTINIQUE
Nommé en 1933 secrétaire général à la Martinique, Félix Eboué y remplacera
de juillet 1933 à janvier 1934 le gouverneur titulaire parti en congé pour deux
ans.
- Une des Salle de la Préfecture porte le nom de Félix Eboué. Cette salle qui
a été rénovée, bénéficie d’équipements modernes destinés à faciliter la
communication avec l’extérieur (salle de visioconférence, transformation rapide
en salle de presse etc..)
- A Fort-de-France, la résidence "Les tourelles" dite Résidence du Gouverneur
Félix Eboué, est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments
historiques par arrêté du 20 mars 1990
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