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Histoire des Marrons du Maroni en
Guyane
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Depuis 1600,
date des premières habitations esclavagistes au Surinam, le
marronnage est une réalité et devient un foyer de
préoccupations constantes pour leurs propriétaires. Les
esclaves fuient les plantations en remontant les rivières et
en s'installant dans les marais.
- En 1726, le nombre des esclaves en fuite est
estimé à 9000. Le traité de paix signé
en 1739 entre la Jamaïque et ses Noirs Marron va servir de
modèle au Surinam entre les autorités et les
différents groupes d'esclaves en fuite. C'est ainsi que
dès 1760, les Hollandais reconnaissent
l'indépendance des rebelles du Sud-Est, à la
plantation Auka, (appelés Auka puis Youka et Djuka). Ils se
retireront sur la Djuka creek, puis sur le Tapanahoni. De
même, en 1760 les Hollandais accordent l'indépendance
à l'un des premiers groupes de rebelles (dès 1728),
les Saramaka sur la rivière du Surinam. Et enfin, un accord
est signé en 1767 avec le Capitaine Muzinga du groupe des
Matawaï.
Ces accords entre Hollandais et Nègres des bois (Bush
Negroes) stipulent que les Nègres des bois ne doivent pas
s'allier entre eux, et qu'ils doivent apporter leur aide aux
Hollandais pour briser toute tentative de marronnage survenue
après la signature du traité. Un observateur
hollandais est chargé de veiller au respect des clauses des
traités, et prévenir le gouvernement de toute
violation.
Seul le groupe conduit par Asikan-Silvester et par Boni
retiré dans les marais proches des plantations de la
rivière Cottica se montre plus radical et continue de
lutter pour chasser les Hollandais de la région.
- En 1769, après la capture d'Asikan-Sylvester,
Boni est nommé granman. Pour certains, Boni est un
Créole venu au monde dans les bois, sa mère, une
esclave qui avait fui, son père un planteur blanc qui en
avait fait sa maîtresse et la maltraitait. Pour d'autres, le
père de Boni est un mulâtre, un Indien ou un
"Créole des bois". Il est secondé dans sa lutte
contre les Hollandais par son fils Agossou et par le créole
Baron.
- Dans les premiers mois de 1770, le gouverneur Jean
Nepveu commence l'édification du "Cordon". une série
de postes militaires allant de la Haute-Cottica jusqu'à la
côte, pour protéger les plantations. Base de
départ pour l'intervention rapide des patrouilles, ce
dispositif sera complété en 1778. Un corps de 150
nègres libres et mulâtres, le Free Corps Negroes,
commandé par des officiers blancs, est constitué. Il
sera peu efficace.
Jusqu'à la fin de 1770, de nombreux villages de Boni seront
détruits et plus d'une centaine d'entre eux
capturée. Mais, dans le même temps, les Boni
combinent leurs forces, reconstruisent inlassablement leurs
villages et accumulent des provisions.Dans la 2ème
moitié d'octobre, le lieutenant Kremer découvre sur
la Haute Cottica, sur la crique Cassipore, un village marron
inhabité, mais contenant un important stock de nourriture.
Les 8-9 novembre 1770, pour venger la destruction de leurs
villages, 30 Boni conduits par Baron et Boni attaquent la
plantation "Mondésir", sur la crique Mot. Décembre
1770: attaque du poste de New Tessissi.
- Janvier 1771: attaque de Melimi sur la crique Cassipera
- Mars 1771: Baron attaque la patrouille du sergent
Siegel. Cette attaque est à la fois un bon exemple de la
tactique de guérilla des Boni, et l'occasion, à la
suite d'échanges significatifs entre Siegel et Baron, de
connaître leurs motivations, leur volonté de
négocier, leur organisation militaire et leur situation en
matière de munitions.Pendant la saison des pluies,
brève intervention des Indiens contre les Marrons,
rapidement interrompue par une opération de
représailles contre des villages Indiens.
- En juin 1771, les attaques reprennent contre les
plantations de la Haute-Cottica, de la Commewyne et de la Perica.
Ces luttes deviennent acharnées dans la seconde
moitié de 1771. La colonie renforce ses effectifs et ses
implantations.
Le 15 septembre, le sergent Sebulo découvre et
détruit un village fortifié près de la crique
Cassipore sans toutefois toucher à ses fortifications.
Pendant ce temps, un parti de 40 à 50 Boni sous le
commandement de Boni, assisté de Jasmin et de Baron,
attaque avec succès la plantation Capurica, sur la crique
Perica. Les prisonniers blancs sont relâchés et
envoyés avec des propositions de paix aux dirigeants de la
colonie, assorties de menaces de destruction totale des
plantations de la Cotica en cas de refus. En réponse, le
gouvernement du Surinam lance, sans grand succès. une
série d'attaques contre les Boni. Les soldats subissent de
nombreuses pertes et les désertions d'esclaves
s'accentuent. En décembre 1771, une attaque combinée
contre le village boni de Casipure est repoussée et les
attaquants poursuivis par les Boni.
- A la fin de 1771 la situation est alarmante pour la
colonie. Malgré leur grande supériorité en
hommes et en armement, les soldats ont peu de succès
à la fois à cause du climat, des maladies et de
l'habileté à la guérilla des Boni. Il reste
moins de 300 soldats valides (150 noirs, 150 blancs). Les pertes
des Boni sont relativement beaucoup plus faibles. Les villages et
les champs détruits par les soldats sont constamment remis
en état.
- Dès le début de 1772, les deux camps vont
renforcer leurs positions. Les Boni fortifient leur place forte de
Buku (palissades, canons, marais) se procurent des armes, de la
poudre et des effectifs en attaquant les plantations. Ils sont
conduits par Boni, Baron et Jolicoeur (de la plantation
Faukenberg). Cette situation provoque une inquiétude
générale chez les planteurs et les dirigeants. Mais
lorsque le Gouverneur Nepveu propose au Conseil Politique de
demander des renforts à la mère patrie, la Hollande,
il a du mal à vaincre leur réticence à
assumer les frais qui en découleront pour la colonie. Le
Corps des Nègres Libres est remplacé par celui des
Chasseurs Noirs (Black Chasseurs) composé d'esclaves
achetés pour la circonstance, qui seront affranchis au
terme de leur temps de service. Commandé par des officiers
blancs, il se révélera très efficace. Une
troupe de 120 hommes sous les ordres du capitaine Oorsinga et du
lieutenant Keller, ne réussit ni à s'emparer de
Buku, ni à empêcher Boni et ses hommes d'en sortir
pour attaquer les plantations. Un étendard composé
d'un lion noir sur fond jaune, bordé de noir, flotte sur
Buku. Oorsinga doit lever le siège en Mai 1772.
- Le 20 Septembre 1772, une troupe commandée par
les lieutenants Frederici (le futur gouverneur) et Mangold,
comprenant des Black Chasseurs, réussit par ruse, et
après une résistance acharnée des Boni,
à s'emparer de Buku. Cinquante marrons sont
capturés, et plus de 100 tués, (dont 60 au cours de
la poursuite qui s'ensuivit). Ce fut un coup sévère
pour les Boni. En 1772, un corps expéditionnaire de 525
hommes, commandé par le colonel suisse Fourgeoud, arrive
des Pays-Bas. De nombreux différends
s'élèvent dès le départ entre
Fourgeoud et le gouverneur Nepveu. Ils portent tant sur la
tactique à adopter à l'encontre des Boni que sur des
points de protocole et la politique à suivre à
l'égard des Marrons pacifiés. Si bien que
l'offensive contre les Boni ne commence qu'au bout de six mois.
- Dès le début de 1773, les relations entre
les colons et les marrons pacifiés (les Saramaka et les
Djuka) se détériorent à cause de la pingrerie
des premiers dans le règlement de leurs redevances envers
les marrons. Fourgeoud Choisit le camp des marrons
pacifiés, ce qui ne plait pas aux colons. Cette
période de calme militaire relatif est interrompue par une
attaque des Boni contre une plantation de la crique Paramaca, une
branche de la rivière Cottica. Une poursuite engagée
à la suite de cette attaque conduit le lieutenant Lepper et
ses 30 hommes dans une embuscade dont deux seulement
réchapperont. Cette défaite oblige les colons
à différer le départ de Fourgeoud. Le colonel
prépare longuement et soigneusement sa campagne en
effectuant une reconnaissance soigneuse du terrain et en tentant
de semer la discorde chez les Boni. Il entre en campagne en
septembre 1773, et devant le manque de succès il est
amené à utiliser une nouvelle stratégie
dès le moi d'octobre.
- D'octobre 1773 à mai 1774, basé dans la
plantation Roosenbeck, le colonel utilisera les Free Corps
Negroes, les Black Chasseurs et les propres troupes de la colonie
pour ratisser la zone située entre les criques Peninica,
Paramaca et Tempati. Ce dispositif lourd et voyant donne
très peu de résultats. S'il détruit les
villages et les abattis, réserves en vivres des marrons, il
aura surtout pour effet d'épuiser les soldats,
déjà souvent malades et mal adaptés au milieu
tropical humide.
- En août et septembre 1774, deux autres
expéditions donnant le même résultat convaint
le gouverneur Nepveu dans le caractère illusoire de cette
tactique. Il propose une tactique plus offensive, procurant
victimes et prisonniers, adaptée à la
guérilla boni.
- En 1774 Le gouverneur Fiedmond adresse un
mémoire au ministre dans lequel il dit que les
"réfugiés" sont "utiles à recevoir, dangereux
à refuser"
- Au début de 1775, Fourgeoud reçoit de
nouvelles troupes, qu'il met aussitôt en action
malgré la saison des pluies et leur inadaptation au milieu.
Non seulement les résultats militaires sont
médiocres, mais la maladie frappe durement et souvent
mortellement aussi bien les vétérans que les
nouveaux venus.
- En juillet 1774, dans la région de Locusboom,
les Free Corps Negroes et des Black Chasseurs, sous les ordres de
Stoelman, s'emparent de 3 villages: Gado Sabi, New Tessissi,
Makamaka. constituant un complexe fortifié dont
l'élément principal est le village de Gado Sabi
(Dieu sait), sur la crique Barbacuba. Les occupants
réussissent à s'enfuir en emmènant leurs
provisions après avoir mis le feu aux constructions (116
habitations pour Gado Sabi et Cosay). Ce même mois, Baron
est tué au cours d'une attaque représaille dans la
région boisée de Winne, sur la Patamaca. Le baron
Bessner rédige un rapport dans lequel il invite les Marrons
du Surinam à venir s'installer dans la région de la
Guyane, entre la rivière Sinnamary et le fleuve Maroni.
- En 1775, Fourgeoud ravage les villages de Kofi-Hay, et
Holi-Mi dans les environs de la Cassipera.
- En octobre 1775, il découvre et détruit
Kibri Kondre qui semble être la place forte de Boni, Baron,
Cormantin, Codjo: Un complexe fortifié de 116 habitations.
Au cours de cette même année d'autres villages et
d'autres abattis sont ainsi détruits, mais toujours
après le départ de leur occupants.
Le gouverneur Nepveu qui estime que les actions de Fourgeoud sont
insuffisantes pour protéger la colonie décide,
contre l'avis du Conseil Politique et avec le soutien de la
Mère patrie, d'édifier un cordon militaire autour de
la partie cultivée de la colonie, en complétant
celui qui existait déjà entre la Perica et la haute
Cottica par un ligne de postes militaires entre la rivière
Surinam et la Haute-Commewine. L'impact du "cordon" estt bien
moindre que ce qu'en escomptait Nepveu, pour la raison que les
Boni traversent le Maroni en août 1776 et janvier 1777 et ne
troublent plus jamais la vie de la colonie, sauf pendant une
période de 5 ans entre 1788 et 1793. Toutefois, les colons,
incertains de contrôler la situation, empêchent le
départ de Fourgeoud. Au contraire, il reçoit 750
hommes de renfort et entre à nouveau en campagne. Il ne
trouve qu'un seul village habité, sur une île
entourée de marais, au nord de la crique Wane, près
du Maroni.
Les Boni s'installent donc à
Sparouine en Guyane Française.
L'installation des Bonis en Guyane
provoquent chez les colons français des réactions
mitigées :
- Certains craignent que tôt ou
tard, les hostilités entre Boni et Hollandais ne reprennent
et que ces derniers n'exercent leur "droit de suite" sur le
territoire français.
- D'autres voient là une
possibilité de combler, grâce à un apport de
marrons (pas seulement de Boni, mais également Djuka et
Saramaca) le déficit de population, de main-d'œuvre qui
constitue un des handicaps majeurs de l'économie de la
colonie française par rapport à sa voisine de
l'ouest. Le rapport du baron Bessner, ancien dirigeant (1773) de
la colonie est très représentatif de cette tendance.
Bien intentionné, traduisant une conception très
éclairée de la situation des populations noires
concernées, il pêche par manque de réalisme et
une mauvaise information sur les conditions réelles de leur
existence et de leurs motivations. En particulier, Bessner, comme
beaucoup d'autres responsables français concernés
par ce problème, aura des estimations très
fantaisistes quant au nombre réel des Boni.
Dans cet état de choses, le
gouvernement français préfère ne pas choisir.
Sans s'opposer aux Boni, il ne leur accorde jamais de reconnaissance
officielle, leur adressant toujours des envoyés sans vrai
mandat. De plus, son attitude fluctue selon les représentants
de la France en Guyane.Il y a même parfois désaccord
entre des dirigeants d'une même époque. Ces lenteurs,
ces incertitudes, ces contradictions de la politique française
à leur égard, va entraîner une méfiance de
plus en plus grande de la part des Boni et une dégradation de
leurs rapports avec les français. Elle sera aussi une source
de malentendus qui engendreront une série de tragédies
individuelles et collectives (affaires Leprieur, Gabaret,
Cafésoca). Elle sera indirectement à l'origine de la
reprise des hostilités contre la Hollande, de la mort des
chefs boni, de la fuite du groupe et de sa mise sous tutelle
djuka.
- En 1776, Malouet est nommé ordonnateur de la
colonie de la Guyane, il débarque en septembre à
Cayenne, porteur d'informations et d'instructions visant à
exécution le plan de Bessner. Le duc de la Vauguyon et
Sartine s'intéressent au projet.
- En septembre-octobre 1776, après le passage des
Boni sur la rive française du Maroni, une grande
inquiétude règne à Cayenne. Le gouverneur de
la Guyane, Fiedmond se rend sur le Maroni avec l'intention de les
attaquer. Les trouvant tranquilles, il y renonce. L'installation
des Boni sur le bas Maroni inquiète aussi les Djuka, qui
avaient quitté la crique Djuka pour installer des villages
plus haut sur le Maroni. Ils craignent de se voir barrer
l'accès de la côte, qui est pour eux essentiel.
- En octobre 1777 les Djukas attaquent les Boni, en
capturent 22 et en tuent 7. Toutefois, un accord interveint avec
une clause satisfaisante pour les Hollandais eux-mêmes : les
Djuka s'engagent à ne jamais aider les Boni s'ils s'en
prenaient à des blancs; les Boni s'engagent à ne
jamais entreprendre d'autre action agressive s'il ne sont pas
agressés en premier. Un traité de paix est
signé entre les deux groupes. Ils se rendent des visites,
contractent des alliances matrimoniales et échangent des
biens. Cette année, Malouet va au Surinam s'informer sur
les Marrons.
- De 1776 à 1789 les Boni séjournent
à Sparouine, sans contact officiel avec le gouvernement
français
- Deux noirs de Cayenne envoyés par le gouverneur sont
renvoyés comme espions.
- En 1780 Boni prend contact avec le gouverneur par
l'intermédiaire des Indiens Galibi. Des instructions
sont demandées par Versailles au gouverneur. Le poste de
l'embouchure du Maroni est supprimé.
- En 1780, Cadet, un habitant d'Iracoubo,
envoyé par le gouverneur, sans mandat bien
défini, se rend chez Boni, accompagné
d'interprètes indiens. Il leur garantit la
sécurité de la part du gouverneur. En
dépit d'un mélange de sang avec Boni, sa mission
n'apporte aucun résultat concret.
- En 1781, une note du ministre dit que "on recevra et
on traitera bien ces nègres marrons que les Hollandais
du Surinam poussent sur notre territoire, mais on ne fera
aucune dépense pour les y établir".
- En décembre 1782, l'abbé Jacquemin,
curé de Sinnamary, va visiter à son tour Boni,
dans un double but d'information et
d'évangélisation. Il donne une description du
cérémonial, note le désir des Boni de
collaborer avec la France, d'en obtenir un certain nombre de
biens en échange de travail ou de biens produits par
eux, notamment des armes qu'ils déclarent devoir
utiliser dans un but pacifique. Leur nombre à cette
époque, est évalué à 700/800.
- En 1784, le rétablissement du poste
français sur le Maroni inquiète les Boni. Devant
le refus des Français de leur fournir des armes, ils
s'en procurent par l'intermédiaire des Indiens ou en se
rendant à Paramaribo en se faisant passer pour des Djuka
ou des Saramaka.
- En Février 1784, nouveau voyage de
l'abbé Jacquemin chez les Boni, il leur fait part de la
volonté du gouverneur de les voir s'installer à
la côte, entre Iracoubo et Mana. Mais les Boni y voient
un piège et refusent. Les Français refusent
toujours de fournir des armes et de la poudre aux Boni.
- En 1784, après l'installation d'un poste
militaire à Iracoubo, Boni, inquiet, abandonne Sparouine
et va s'installer avec ses hommes à 130 km de
l'embouchure, au delà des premiers sauts, à
l'endroit appelé aujourd'hui Bonidoro.
- En 1786 , le nouvel ordonnateur, Lescallier, est un
défenseur des Boni. Il rétablit les contacts.et
envoie à la rencontre d'une délégation de
dix Boni à Iracoubo l'abbé Farjon qui fait un
rapport très positif sur les possibilités de
coopération avec les marrons.
- En avril 1786 le Maréchal de Castries
autorise, au nom du Roi, d'admettre "les nègres marrons
du Surinam au nombre des sujets de sa Majesté et de leur
accorder le même état et les mêmes
privilèges dont jouissent les nègres libres dans
la colonie". En mai, dans un mémoire, Guisan propose de
créer avec eux, à l'embouchure du Maroni, sous la
protection d'un poste français, un embryon de population
métisse.
- En septembre 1786,
- venue d'Agossou, fils de Boni et d'Askaan à
Cayenne. Ils examinent avec des membres du Conseil
supérieur les conditions d'installation des Boni sur
la Mana. Cet accord n'est pas ratifié par Boni.
- L'explorateur Leblond veut remonter le Maroni mais Boni
s'y s'oppose en enlevant sa pirogue.
- En 1788 les Boni conduisent des actions inattendues
et désespérées destinées à
leur procurer des armes, des hommes et des outils. Il semble
également que les nouveaux venus, esclaves
récemment échappés des plantations du
Surinam, et dont le ressentiment contre leur maître
était encore vif, aient joué un rôle
décisif dans la reprise du conflit. Ces attaques
devaient selon eux, provoquer un soulèvement
général des esclaves. Leurs leaders
étaient Jaw van Meerzorg, Sambokwasi, Koki et Agossou.
C'est ainsi que les Boni attaquent cinq plantations en
territoire hollandais. Ils tuent les habitants blancs et
s'enfuient avec un nombre important d'esclaves. Ces attaques
entraînent, comme c'était prévisible, la
reprise de la guerre avec les Hollandais. Le gouverneur Wichers
envoie Stoelman sur le Maroni, pour construire un poste afin de
combattre sur place les Boni. Au cours de plusieurs combats,
les Boni sont vainqueurs.
- En 1789, les Boni attaquent le poste militaire
d'Hermina sur le Maroni mais ils sont repoussés par
Stoelman.
- En mai 1790, sur une information fournie par un
déserteur Boni, Askaan van Ephrata, une attaque est
lancée contre le village de Boni, Aroku. Boni parvient
à fuir mais un grand nombre de chefs sont tués ou
capturés. Les Hollandais construisent le poste de Nassau,
à Langa Tabiki, à l'emplacement d'un ancien village
de Kormantin Kodjo.Une tentative de négociations par
l'intermédiaire d'Askaan van Ephrata et du commandant
Beutler échoue, à cause des conditions trop dures
posées par les Hollandais.
- En juillet 1791 les hostilités reprennent et les
Boni remontent le Maroni pour s'installer sur le Lawa. Les
Hollandais réussissent, par des menaces, à
détacher les Djuka ( installés sur le Tapanahoni)
des Boni. Après la mort de Pambu et de Kwamini Adjubi, la
jeune génération de Djuka est peu encline à
prendre le parti des Bonis contre les Hollandais.
- En août 1791, les Boni sont chassés de
leur séjour de Ingi Pule Seton près des chutes de
Pedro Sungu, sur le Lawa.
- En octobre 1791, les Djuka, pour se concilier les
Hollandais, leur livrent tous les Boni qui se trouvaient parmi
eux. Un traité place les Boni sous la tutelle des Djuka qui
s'engagent à les empêcher de se déplacer
librement sur les rivières et le territoire de la colonie.
- En juillet 1792, Agossou reprend les
négociations avec les Hollandais. Stoelman exige contre une
réedition sans condition.une autorisation de s'installer
aux environs de Paramaribo.
- En août 1792, les Boni détruisent le
village du granman des Djuka, Animbaw.
- Le 19 février 1793, une contre-attaque de 70
Djuka, appuyés par des Black Chasseurs, sous le
commandement du chef suprême des Djuka, Bambi,
découvre les villages des Boni sur le Marouini. Boni,
surpris, est tué au cours d'un raid éclair. Huit
jours après, Codjo Cormantin connaît le même
sort, ainsi que Puja, de Lape. Agossou, fils de Boni, devenu, le
granman, doit se réfugier avec ses hommes, pour
échapper à ses adversaires, jusqu'au sud du bassin
du Marouini.
- En 1809:, le traité de paix de 1791 est
renouvelé et les Boni restent sous tutelle Djuka.
- En 1810, Gongo succède à Agossou comme
granman.
- En 1815, les Boni peuvent se réinstaller sur le
Lawa, au village de Cottica. Ils doivent s'engager à ne pas
descendre le Maroni en aval de leurs villages et à ne
commercer que par l'intermédiaire des Djuka, qui leur
fournissent des produits manufacturés en échange de
canots.
- En 1820, le groupe des Paramaka s'établit sur le
cours inférieur du Maroni. et les Djuka interdisent
l'accès du haut Maroni aux explorateurs Milthiade, Loret,
(1822) et Adam de Bauve(1835). Leprieur (1832) passe par l'Oyapoc
et le chemin des Emerillon pour rencontrer les Boni à
l'embouchure de l'Araoua et faire alliance avec eux. Les Boni le
protègent contre les Djuka et signent avec lui un
traité. Les Djuka protestent auprès du gouvernement
du Surinam qui proteste à son tour auprès du
gouvernement français. Le gouverneur Laurens de Choisy fait
arrêter et expulser les envoyés Boni qui
accompagnaient Leprieur, qui est blâmé. Excuses au
gouverneur du Surinam.
- En 1830, le procureur Vidal de Lingendes, envoyé
en mission au Surinam, signe une convention avec les
autorités de la colonie hollandaise, désapprouvant
tout traité signé entre Leprieur et les Boni, mais
affirme les droits des Français sur la rive droite du
Maroni. Les malentendus nés de cette affaire vont conduire
aux drames de l'Oyapoc.
- En 1836, une délégation de 8 Boni
demandant à s'installer sur le Camopi est refusée.
- En 1837, une nouvelle délégation de 9
Boni, animée d'intentions pacifiques, est
arrêtée, par le lieutenant Faivre, agissant sur
instructions du gouverneur. 5 parviennent à s'enfuir, les 4
autres sont fusillés sans jugement, le 30 avril au chantier
de Gabaret. Le gouverneur est désavoué par le
Conseil privé et le Conseil Colonial. Il sera relevé
de ses fonctions.
- En 1838: Acquittement du lieutenant Faivre et un poste
militaire est établi sur le bas Oyapoc. Le poste
avancé de Cafésoca est construit à 50 km de
l'embouchure.
- En janvier 1839, le naturaliste Charles Couy rencontre
sur le bas Oyapoc un groupe de 12 Boni qui manifeste encore son
désir de coopération avec Indiens et
Français.
- En 1840, Gongo fait sortir les Boni du Marouini
où ils se trouvaient depuis 27 ans (1788-1840) et six
villages sont installés sur le Haut-Lawa.
- En juin 1841, encouragés par les
résultats de leur mission de 1839, les Boni envoient une
nouvelle délégation composée d'une vingtaine
de personnes et dirigée par le granman Gongo.Cette
délégation établit des contacts avec les
Wayampi, gagne le bas-Oyapoc et cherche à rencontrer les
représentants des Français. A la suite de rumeurs
les accusant faussement d'avoir assassiné le chef
suprême des Wayampi, Wananika, ils sont cernés et
massacrés. Une seule rescapée, Adyuba, est conduite
à Cayenne pour interrogatoire.
- En 1845, la guerre est déclarée entre les
Boni et les Indiens Wayakulé (ou Oyaricoulé) qui
vivaient sur la crique Loué, à l'est du Litani.
- En 1848, abolition de l'esclavage (dans les colonies
françaises).
- En 1855, l'aventurier Tollinche (Tolinga)
pénètre plusieurs fois dans le Lawa malgré
l'opposition des Djuka et prend contact avec les Boni.
L'administration française décide d'ouvrir le fleuve
et de libérer les Boni de la tutelle des Djuka.
- En1858, le père Neu remonte le Maroni et ses
affluents et c'est l'année de la création de
l'établissement pénitentiaire de Saint-Laurent sous
la direction de M. Mélinon.
- En 1860, a lieu la Conférence franco-hollandaise
à Albina. La France est représentée par le
lieutenant de vaisseau Sibour, commandant l'aviso "l'Oyapock" et
la la colonie du Surinam par le gouverneur Van- Landsberge, le
granman des Djuka Beiman et ses principaux capitaines. Suite
à cette conférence, a lieu la réunion de la
première commission de fonctionnaires français et
hollandais afin de proclamer la liberté des Boni
vis-à-vis des Djuka. Cette commission était
composée de Sibour, Ronmy, lieutenant d'infanterie de
marine, commandant le pénitencier de Saint-Louis, Eyken
Sluyters et Slengarde, délégués de la
Hollande. Ce même lieutenant Ronmy, lors de sa mission, veut
décider les Boni à quitter le Maroni et à
s'installer sur l'Approuague. Lors de leur arrivée à
Pobiansy (ou Providence), village de résidence du granman
Adam, le capitaine Slengarde lit la déclaration donnant la
liberté aux Boni.
- En 1861, les Boni obtiennent un statut semblable
à celui des Djuka.
- Le 9 septembre 1861, une deuxième commission
franco-hollandaise est chargée d'explorer le Maroni. Elle
est composée du lieutenant de vaisseau Vidal, du lieutenant
d'artillerie de marine, du chirurgien de marine Boudet, de
l'officier de marine hollandaise Reich van Herdt d'Evesberg, de
Coteau van Rovesbelt, chef du génie à Paramaribo, de
Koeppler, habitant du Maroni. Cette commission restera deux mois
sur le fleuve.
- En1862, le granman Adam rend visite au gouverneur de la
colonie de la Guyane, accompagné de ses capitaines. Ils
empruntent au retour la corvette l'Alecton.
- En1863, a lieu l'expédition de Vidal Le
Révérend Père Kraenner effectue son premier
voyage sur le Maroni et remonte jusqu'au village du granman djuka
sur le Tapanahoni : Dii Tabiki.
- En 1865: Second voyage du Père Kraenner .
remontée du Maroni et de ses affluents.
- En1867. Troisième voyage sur le Maroni du
père Kraenner.
- 1870 marque la mort du granman Adam. Ce granman fit
déplacer les villages boni (au nombre de 10) vers
l'embouchure de l'Inini. Pour lui succéder, on
procède à la nomination du granman Atyaba (Lo
Yakubi).
- 1876: Mort du granman Atyaba et nomination du granman
Anato.
- En 1877, quatrième voyage du Père
Kraenner, accompagné du préfet apostolique Emonet et
du médecin explorateur J. Crevaux. Ce dernier, guidé
par Apatou, remonte par le Yari aux sources du Maroni. Le village
de Cottica compte 150 Boni.
- 1880 voit l'installation de Djuka et de Saramaka sur
les rives françaises du Maroni.
- En 1881,
- de nombreux Djuka et Saramaka travaillent sur la Mana,
fleuve qui connaît un rush aurifère important.
- retour d'Apatou de son voyage de France. Il est
nommé par l'administration coloniale "Capitaine", ce qui
entraîne des conflits avec les autres capitaines boni qui
eux, ne sont pas reconnus officiellement.
- le Père Brunetti remonte le Tapanahony, est
reçu par le granman djuka Ossie et baptise le granman
Anato et sa famille.
- En 1882, Apatou fait sécession en
entraînant environ 150 personnes et fonde son propre
village, qui porte son nom, à l'embouchure du Maroni.
- En1883,
- le premier permis est déposé pour
l'extraction de l'or sur le Lawa.
- a lieu la première mission de Henri Coudreau
à travers les Guyane et l'Amazonie.
- En1885,
- des Saramaka s'installent sur la rivière Oyapock,
- début du rush aurifère sur le Lawa.
- En 1886, le village de Maiman voit le jour.
- En 1887,
- le village d'Apatou compte environ vingt cases et
quatre-vingts habitants.
- un traité est signé entre le granman Anato et
le Gouverneur Le Cardinal, relatif à l'exploitation des
gisements aurifères situés dans la région
du contesté du Lawa.
- départ d' Henri Coudreau accompagné de
François Laveau pour une mission scientifique de deux
années dans la Haute-Guyane. Selon Coudreau, plus de
trois mille personnes vivent sur le Lawa (placers compris).
- En 1888,
- le granman Anato fait fortune en prélevant 15
à 20 pour cent de l'or sortant de son territoire, en
louant ses carbets et en vendant ses marchandises. Sa fortune
est estimée à100.000 francs.
- les granman boni Anato et djuka Ossie déclarent le
Maroni, le Lawa et le Tapanahoni libres à toute
circulation, afin de calmer les rivalités entre les
différents groupes ethniques pour le canotage.
- les gouvernements français et hollandais font
évacuer les placers et installent trois postes
militaires(Hermina, Poligoudou, Dégrad des Placers),
avec un commissaire pour chaque zone. Les placers de cette
région fournissent plus de 60 millions d'or.
- En 1890,
- à la suite de l'arbitrage du Tsar Alexandre III, la
Guyane perd la région comprise entre le Lawa et le
Tapanahony.
- mort du granman Anato.
- En 1891, nomination du granman Ochi (Io Dikan) qui
envoie une pétition au gouverneur de la Guyane, afin de
s'installer sur le territoire de la colonie.
- En 1894, la Compagnie du Saint-Esprit est
chassée de Guyane.
- En 1895, le granman Ochi fonde les villages d'Agoode
(Boniville) Loka, Tabiki (l'Enfant Perdu) et Papaïchton. Les
différents lignages s'installent dans ces villages et
Agoode devient le village de résidence du granman. Chaque
lignage délègue un groupe pour le
représenter. Un certain nombre de Boni reste dans le
village de Cottica pour ne pas abandonner la terre des
ancêtres.
- En1901, c'est la découverte de l'or sur l'Inini.
- En 1908, c'est la mort d'Apatou.
- En 1915, c'est la mort du granman Ochi.
- En1917, nomination du granman Awensai (Io dikan), ce
même granman épousera la fille d'un capitaine Wayana,
afin de sceller la paix et l'amitié entre les deux peuples.
Le granman des Boni a un certain pouvoir sur les Wayana, ceux-ci
sont, en quelque sorte, les vassaux des Boni.
- En 1924, c'est le retour de la Compagnie du
Saint-Esprit.
- En 1930: Création du Territoire de l'Inini.
- En 1935, c'est la mission de Léon Gontrand Damas
en Guyane pour le compte du Musée de l'Homme.
- 1936 voit la mort du granman Awensaï.
- En 1937 a lieu la nomination du granman Difou (Io
dikan).
- En 1946,
- c'est la suppression du Territoire de l'Inini et l'adoption
de la loi dite de départementalisation, transformant les
anciennes colonies en Départements d'Outre Mer.
- arrivée de Robert Vignon, dernier gouverneur, comme
premier préfet de Guyane.
- un recensement de la population donne les chiffres
suivants: 3310 personnes dont 2660 Noirs et 650
Amérindiens, dans l'intérieur.
- En 1949,
- on installe un dispensaire sur le Maroni. Le choix du site
se porte sur Maripasoula et est fait par Robert Vignon
préfet et Gougis, propriétaire de placers. Le
premier médecin à s'installer est le Docteur
Billiard.
- disparition de Raymond Maufrais, signalée par le
gendarme et Père Lecam.
- En 1950, Maripasoula devient un poste officiel et l'on
y déplace les habitants du village Abdallah.
- En 1951,
- a lieu la visite du granman Difou à Cayenne,
accompagné d'une délégation de quinze
personnes dont trois capitaines. Cette délégation
est invitée par le préfet Vignon.
- le territoire de l'Inini devient Arrondissement de l'Inini.
- En 1953: Seconde visite du granman Difou
accompagné de son fils et du capitaine de Loka.
- En 1954,
- un avion amphibie se pose devant Maripasoula.
- le recensement donne pour l'ensemble du Territoire de
l'Inini 3.234 habitants.
- En 1961, le recensement dénombre 2.891
personnes.
- En 1965, Emmanuel Tolinga est reconnu comme le Gran
Man. ses noces, selon la coutume locale, avec la fille d'un chef
amérindien Wayana, scelle définitivement le
rapprochement des tribus amérindiennes et boni vivant sur
le fleuve.
- En 1968, c'est la création des communes de
Maripasoula, et de Grand-Santi-Papaïchton-Apatou, dont
les premiers maires furent respectivement Robert Vignon et
Emmanuel Tolinga (granman et premier maire boni). Le
"régime particulier" sous lequel vivaient les populations
tribales (régime lié au statut de territoire de
l'Inini) est supprimé.
- En 1969 c'est la transformation de l'arrondissement de
l'Inini en arrondissement de Saint-Laurent du Maroni. Les cercles
municipaux qui avaient à leur tête des sous-officiers
appelés administrateurs, deviennent des
municipalités.
- En 1971,
- visite à Paris du granman et maire Tolinga. Il est
reçu à l'Elysée par le Président
Pompidou. A son retour, le granman crée Pompidou Ville
située entre Kormontibo et Papaïchton.
- Réélection de Vignon et Tolinga.
- En 1975,
- le premier ministre Jacques Chirac accompagné de
hauts fonctionnaires passent les fêtes de fin
d'année à Maripasoula, accueilli par le maire
Vignon.
- le Surinam devient indépendant en novembre.
- En 1976, on crée la division administrative de la
commune de Grand-Santi-Papaïchton-Apatou en deux communes :
Apatou et GrandSanti-Papaïchton.
- En 1977, Lucien Amayota est élu maire dans la
commune d'Apatou, Guy Malidor (un créole) maire de
Maripasoula et Emmanuel Tolinga (le granman), maire de
Grand-Santi-Papaïchton.
- En 1979, élection du premier conseiller
général boni, Antoine Abienso, élu dans le
canton de Maripasoula qui comprend les communes de Saül,
Grand-Santi-Papaïchton, Maripasoula et Apatou sous
l'étiquette PSG. Ce canton était autrefois
représenté par Paul Jean-Louis, RPR. (deux autres
candidats boni se présentaient: Patrick Coniami soutenu par
le RPR et Etienne Sida, maire d'Apatou, en candidat
indépendant).
- En 1988, Louis Le Pensec, ministre des
Départements et territoires d'Outre Mer lors de son passage
en Guyane annonce la mise en place de la procédure de
création des commune de Grand-Santi et de Papaïchton.
- En 1992, a lieu le découpage de la commune de
Grand-Santi-Papaïchton en deux communes, celle de
Grand-Santi, et celle de Papaïchton.
- Le 29 décembre 1994, née la Communauté
des Communes de l'Ouest Guyanais, la CCOG qui regroupe les
communes suivantes : Apatou, Grand-Santi, Maripasoula,
Papaïchton, Saül, Saint-Laurent, Awala-Yalimapo, Mana,
Iracoubo, Sinnamary et Saint-Elie.
- En 1997,
- Tobbie Balla est Maire de Maripasoula
- François Fati est Maire d'Apatou
- Paul Martin est Maire de Grand-Santi
- Joseph Aténi est Maire de Papaïchton.
