- Croix de Guerre 1939-1945
- Médaille de la Résistance avec Rosette
- Chevalier de la Légion d'Honneur, à
titre militaire : 1947
- Officier de la Légion d'Honneur : 1983
- Commandeur de l'Ordre des Arts et Lettres 1985
- Licencié ès Lettres
- Docteur en Droit
- Avocat Honoraire à la Cour d'Appel de Paris Ancien
Secrétaire de la Conférence des Avocats ;
Président de l'Association des Secrétaires et
Anciens Secrétaires de la Conférence des Avocats
( 1963 - 1965)
- Député de la Guyane (1932 - 1946)
- Maire de Cayenne (1935 - 1940)
- Sénateur du Lot (1948 - 1974)
- Sous-Secrétaire d'Etat aux Colonies (1937 et 1938)
- Délégué de la France à la
Conférence du Pacifique (Bruxelles - 1937)
- Membre de l'Assemblée Consultative Provisoire (1944
- 1946)
- Membre de la première et de la deuxième
Assemblée Nationale Constituante
- Président de la Commission Nationale chargée
de préparer le statut politique des pays français
d'Outre-Mer
- Délégué de la France à
l'Assemblée des Nations Unies (Londres - 1946)
- Président du Conseil Général du Lot (1
951 - 1970)
- Maire de Saint-Céré (Lot) (1964 - 1971)
- Membre du Conseil de l'Université de Paris (Janvier
1959 - juillet 1968)
- Président du Conseil de la République, puis
Président du Sénat (18 mars 1947 2 octobre 1968)
- Président du Sénat de la Communauté
(1959 et 1960)
- Membre du Conseil Constitutionnel (mars 1974 - mars 1983)
- Président Fondateur de " Liberté et
Démocratie " (section française de "
l'Internationale Libérale ").
Gaston
Monnerville est né le 2 janvier 1897 à Cayenne.
Excellent élève du collège de Cayenne, il est
reçu, en 1912, au concours des Bourses métropolitaines
et vient à Toulouse pour y achever, au Lycée Pierre de
Fermat (Hôtel Bemuy), ses études secondaires comme
boursier du Gouvernement.
Etudiant aux facultés de Lettres et de Droit de Toulouse, il
passe à la fois sa licence ès lettres et sa licence en
droit avec félicitations du jury. C'est également avec
félicitations du jury qu'il est reçu, en 1921, docteur
en droit, après avoir soutenu une thèse sur
"L'Enrichissement sans cause". Celle-ci est honorée
d'une souscription du ministère de l'Instruction Publique et
primée, la même année, au concours des
Thèses.
Dès 1918, Gaston Monnerville s'inscrit au barreau de Toulouse.
Reçu, en 1921, au concours des Secrétaires de la
Conférence, il obtient la médaille d'Or "Alexandre
FOURTANIER " qui récompense l'un des meilleurs
Secrétaires. A ce titre, il prononce, à une
séance solennelle de rentrée, un discours
remarqué sur "La Critique et le Droit de
Réponse".
Gaston Monnerville quitte Toulouse et s'inscrit, en 1921, au barreau
de Paris. Il entre bientôt au cabinet d'un
célèbre avocat et homme d'Etat, César Campinchi,
dont il sera, pendant huit ans, le principal collaborateur.
En 1923, il est reçu au concours des Secrétaires de la
Conférence des Avocats, à la Cour d'Appel de Paris. En
1927, il est élu Président de ]'Union des Jeunes
Avocats.
Gaston Monnerville plaide plusieurs grands procès. Et
surtout, il s'illustre, à l'âge de 34 ans, en 1931, dans
l'affaire " Galmot ". Inculpés
après l'émeute provoquée en 1928 par la fraude
électorale et par la mort suspecte de Jean Galmot, quatorze
Guyanais sont traduits devant la Cour d'Assises de Nantes. Avec
Fourny, Zévaes et Henri Torres, G. Monnerville assure leur
défense. Sa plaidoirie produit un effet considérable
sur les jurés qui se prononcent pour l'acquittement.
C'est à la suite de ce procès retentissant que ses
compatriotes demandent à G.Monnerville de se présenter
en Guyane, contre le député sortant, Eugène
Lautier. Il est élu à une majorité
considérable, au premier tour de scrutin, en 1932, et sera
réélu de la même manière, en 1936,
après avoir été élu maire de Cayenne en
1935.
Deux fois sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, en 1937 et
1938, sa connaissance des questions internationales et d'outre-mer le
font choisir comme membre de la délégation
française à la Conférence du Pacifique, dite "
Conférence des Neuf Nations ", qui a lieu à
Bruxelles en 1937, lors de l'agression du Japon contre la Chine.
En 1939, Gaston Monnerville est un parlementaire âgé
de plus de quarante ans et d'apres les termes de la loi sur la Nation
en temps de guerre, il n'est pas mobilisable. Avec quatre de ses
collègues, il fait prendre un décret-loi, signé
Daladier, qui prévoit une exception et, aussitôt, il
s'engage dans la Marine. Il sert, comme "Officier de Justice",
sur le cuirassé "Provence", dont la croisière de
guerre se termine tragiquement à Mers-el-Kebir.
Gaston Monnerville est démobilisé une semaine
après le vote à Vichy des pleins pouvoirs à
Pétain, le 10 juillet 1940. C'est la raison pour laquelle il
n'est pas des " Quatre-vingts " (57 députés et 23
sénateurs) qui votèrent contre ces pleins pouvoirs et
sauvèrent l'honneur du Parlement, en refusant l'abaissement de
la République.
Démobilisé le 17 juillet 1940, il se rend à
Vichy pour protester contre l'Armistice et la situation faite aux
originaires d'Outre-Mer par le gouvernement Pétain. Gaston
Monnerville milite, dès l'hiver 1940-1941, dans le mouvement
de résistance " Combat ". Son activité s'exerce
à la fois sur le plan politique et sur le plan de la
résistance militaire. Sous le nom de " Commandant
Saitit-Just", il fait partie des maquis d'Auvergne, d'octobre
1942 à octobre 1944. La Croix de Guerre 1939-1945, la Rosette
de la Résistance et la Légion d'Honneur à titre
militaire, témoignent de son courage et de son
patriotisme.
Désigné par la Résistance métropolitaine,
en novembre 1944, pour siéger à l'Assemblée
Consultative Provisoire, il y préside la " Commission de la
France d'Otitre-Mer " ; et c'est lui qui a l'honneur, au nom des
populations de l'Union Française, de célébrer,
dans la séance solennelle du 12 mai 1945, la victoire des
Alliés. Il prononce, à cette occasion, un discours qui
reste le plus bel hommage rendu, par un des leurs, aux soldats
d'au-delà des mers.
En 1945, le Gouvernement provisoire de la République
appelle le Président G. Monnerville à la
présidence de la Commission chargée de préparer
le futur statut politique des Territoires d'Outre-Mer. C'est de cette
Commission qu'est sorti le cadre constitutionnel de l'Union
Française et, pour la première fois dans l'histoire, la
représentation au Parlement de toutes les populations de
l'Outre-Mer français.
Elu pour la troisième fois député de la
Guyane à l'Assemblée Constituante, le 21 octobre 1945,
son mandat est renouvelé le 2 juin suivant, à la
deuxième Assemblée Nationale Constituante.
Entre temps, il avait été nommé
délégué de la France à la première
session de l'ONU à Londres, en janvier 1946. Il y fait, au nom
de la France, des interventions qui eurent le plus grand
retentissement.
Elu conseiller de la République de la Guyane, le 15
décembre 1946, il est désigné comme
Vice-Président de cette Assemblée dès sa
formation.
En mars 1947, il est élu Président du Conseil de la
République et réélu en janvier 1948. En novembre
1948, il est élu sénateur du Lot, puis Président
du Conseil de la République définitif. La Constitution
d'octobre 1958 ayant remplacé le Conseil de la
République par le Sénat, Gaston Monnerville en est
élu le Président, et réélu à
chaque renouvellement du Sénat. Ainsi, il aura
présidé la Haute Assemblée pendant près
de vingt-deux années et deviendra le deuxième
personnage de l'Etat.
En septembre 1962, Gaston MONNERVILLE est au premier rang de ceux
qui s'opposent au référendum instituant
l'élection du Président de la République au
suffrage universel. Il est réélu Président du
Sénat le 2 octobre 1962 et encore le 2 octobre 1965.
Le 2 octobre 1968, Gaston MONNERVILLE abandonne sa haute charge. Il
combat le référendum sur la réforme du
Sénat, décidé par le Général de
GAULLE.
Gaston MONNERVILLE présida en outre, en 1959 et 1960, le
Sénat de la CommunaLité.
Enfin, il fut, d'une part maire de Saint-Céré (Lot) (De
1964 à 1971) et, d'autre part, élu au Conseil
général du Lot dès 1949, il le préside de
1951 à 1970.
Gaston Monnerville a été aussi le
délègué de la France en 1937 à la
Conférence du Pacifique, puis en 1946 à
l'Assemblée des Nations Unies. Le Président de la
République et le Gouvernement lui demandèrent, en 1980,
de représenter la France en Haïti à l'occasion du
bicentenaire de sa capitale et lui confièrent, en 1957, une
importante mission diplomatique en Amérique latine. Sa longue
expérience de la vie politique et du droit constitutionnel le
mena tout naturellement au Conseil Constitutionnel où Alain
Poher, son successeur à la présidence du Sénat,
le nomme en mars 1974, et où il siégea jusqu'en mars
1983.
Gaston Monnerville était également un
écrivain réputé à qui l'on doit, outre de
nombreuses études et articles politiques concernant les
institutions démocratiques et parlementaires en
général, diverses oeuvres importantes. En mai 1968, il
publie un ouvrage sur Georges Clémenceau. Puis viennent, en
avril 1975, un premier volume de souvenirs : "
Témoignage ", " De la France Equinoxiale au Palais
du Luxembourg ", bientôt suivi, en avril 1980, d'un second
" Vingt-deux ans de Présidence ".
Gaston MONNERVILLE décède le 7 novembre 1991.
Le 24 février 1950,
visite en Guyane de M. Le Président du Conseil de la République, M. Gaston
Monnerville
Extrait de l'article du journal "Paralleles 5" d'avril
1950 :
24 février, 18 heures 45 : le magnifique
aérodrome de Cayenne Rochambeau connaît une animation inaccoutumée. Une à une,
des voilures arrivent qui se rangent suivant les consignes des gendarmes et des
policiers. Près de la piste un détachement dle la Compagnie de la Guyane a formé
les faisceaux. M. le Préfet de la Guyane et Madame Robert VIGNON, M. le
Président du Conseil Général, Maire de Cayenne, et Madame BOUDINOT, entourés des
membres du Conseil Général, de ceux de la Municipalité, de toutes les Autorités,
des Maires et représentants de plusieurs communes rurales sont venus accueillir
à leur descente d'avion le Président du Conseil de la République et Madame
MONNERVILLE. Le groupe imposant des officiels se place perpendiculairement
aux troupes. Le troisième côté du rectangle est garni de la fraîche cohorte des
enfants des écoles et d'un groupe charmant de jeunes femmes créoles en costume
du pays. Un ronronnement lointain qui bien vite s'emplifit, des lumières
vertes et rouges qui s'ajoutent aux étoiles et que rapproche chaque seconde, un
long glissement souple sur le terrain : l'avion est là. Le Président et
Madame Monnerville, qu'accompagnent M. QUINTARD chef de cabinet et M. André
MONNERVILLE descendent de l'appareil, tandis que retentissent les accents de la
Marseillaise. Puis le Préfet et le Président du Conseil Général présentent au
Président Monnerville chacune des personnalités ; enfin une charmante Marianne
remet au Président une gerbe de fleurs, et c'est avec une pointe d'humour et
d'émotion que celui-ci l'embrasse comme le symbole même de la France sur notre
vieille terre de Guyane. Dans la foule, des cris de joie éclatent un peu partout
à l'adresse de l'illustre visiteur qui est un enfant du terroir : né à Cayenne,
le Président Monnerville fit de brillantes éludes au Collège de cette ville,
puis il obtint une bourse pour le lycée Bernuy de Toulouse, où il passa son
baccalauréat. Poursuivant ses études, il fut étudiant en Droit et passa son
doctorat à l'Université de Toulouse. Il s'inscrivit au Barreau de cette ville en
1918, puis au Barreau de Paris en 1921 : c'est là qu'il obtint la charge
particulièrement enviée et recherchée de Secrétaire à la Conférence du stage,
place que les initiés savent réservée aux sujets les plus brillants et les plus
dignes. Cette brillante carrière d'avocat devait préparer M. Monnerville à la
vie politique : il fut élu pour la première fois au Parlement français en 1932.
En 1933, il fut élu Vice-président du parti Radical-Socialiste dont M.
Edouard Herriot, Président de la première chambre du Parlement français était
alors -comme il est encore - le Président. En 1937, le Président Monnerville
est Sous-Secrétaire d'Etat aux Colonies et il fait partie de la délégation
française à la Conférence du Pacifique qui eut lieu Bruxelles cette même année
après l'invasion de la Chine par les armées japonaises. Après avoir servi dans
la Marine pendant la guerre, il ne se résigne. pas à la défaite (provisoire),
mais se joint au Mouvement de Résistance, et, là aussi, se distingue. Le
Président Monnerville représente ensuite la France à la première session des
Nations Unies à Londres en 1946 et est élu, en décembre de la même année,
Vice-Président du Conseil de la République qui venait d'être formé. En mars
1947, il devient le Président de cette Assemblée et a été depuis constamment
réélu à ce siège. Quelques instant plus tard, après qu'on eût passé en revue
la troupe qui rendait les honneurs, le Président et Madame Monnerville saluèrent
la foule venue les accueillir et montèrent dans les voitures qui leur étaient
réservées ; spectacle inoubliable, fuyant le double phare tournant de
l'aéroport, une caravane de plus de trente voitures suivait, eu l'illuminant de
ses feux, la roule de rouge latérite qui saignait sur la brousse dans la nuit
tropicale. Dès les faubourgs, la foule se pressait sur le passage du cortège
irréel. l'accueil des Guyanais alla jusqu'au cœur du Président qui, du balcon de
la Préfecture, sut le dire à la population en termes émouvants et directs.
Vivats et chansons fusèrent de toutes parts jusqu'à une heure avancée.
Le lendemain matin, le Président Monnerville accompagné du Préfet et du
Président du Conseil Général, saluait l'envoi des couleurs Madame Monnerville,
Madame Vignon, M. Quintard et les autorités assistaient à cette cérémonie. Puis
le cortège officiel se rendit Place Schoelcher où des gerbes de fleurs furent
déposées au pied du monument au Grand Français libérateur des Noirs. Entouré de
voiles tricolores, une estrade était dressée, sur laquelle prit place le
Président en une allocution sobre et vigoureuse, M. Monnerville expliqua qu'il
revenait d'Haïti où il avait été chef de la mission déléguée pour représenter la
France lors de la célébration du second centenaire de la fondation de
Port-au-Prince. Laissant dans cette République amie le Général d'armée BOUSCAT,
ancien chef de l'aviation militaire française et actuellement chef de la
Commission Culturelle eu Haïti, le Président Monnerville s'arrêtait pour
quelques heures à l'aérodrome de Piarco le 24 février, puis reprenait son voyage
aérien vers la Guyane. Il souligna que sa mission était officielle, qu'il
était venu à titre de représentant de la France et que le Président Vincent
Auriol l'avait personnellement chargé d'apporter à la Guyane le salut affectueux
de la lointaine Patrie ; il dégagea magistralement la leçon donnée par des
hommes tels que Victor SCHŒLCHER et Félix EBOUE et sut y puiser la certitude
que, la compréhension et la confiance mutuelles ne se démentiraient pas. Le
cortège s'achemina, vers le Monument aux Morts où des gerbes furent
successivement déposées par M. le Président Monnerville, M. le Préfet, M.
Boudinot, Président du Conseil Général et Maire de Cayenne, par M. le Président
des Anciens Combattants,. etc. Puis l'assemblée se recueillit pendant que le
clairon sonnait " Aux Morts ". La fin de la matinée comportait un programme
chargé mais fertile en enseignements et en réconfortantes constatations : visite
de l'usine électrique, de l'installation toute moderne de la station hydraulique
du Rorota, des bâtiments nouveaux de l'EEcole Technique, etc... Le Président se
fit présenter 1es cadres de l'Ecole, visita les ateliers et apprécia en
connaisseur les travaux de menuiserie ou de ferronnerie exécutés par les élèves.
Ce périple se termina par la visite du beau bâtiment des Mines, à Buzaret et
celle de l'école des garçons, en construction
A son retour à Cayenne, un déjeuner était offert par le Conseil Général au
Président ; à l'issue de ce banquet, une foule nombreuse massée sous les
fenêtres attendait l'heure habituelle des allocutions……… …….. Le lendemain
matin à 4 h.30, le même cortège qui les avait accueillis à l'arrivée accompagna
jusqu'à l'aérodrome le Président Monnerville, Monnerville et leur suite. Déjà le
D C 4 était posé sur la piste et c'est à l'heure prévue qu'il s'envola vers
Paramaribo d'où un " Constellation " de la K.L.M. devait ramener directement en
Europe l'éminent messager de la France, après un séjour bien rempli qui, malgré
sa brièveté, n'est pas près de s'effacer de là mémoire des Guyanais.
 Le Président Monnerville et les autorités devant le
Monument aux Morts  Le Président salue ses compatriotes avant d'embarquer
|