Léonce Melkior (1859-1928)

 

Mort de Léonce Melkior le lundi 21 septembre 1928.

Il nait le 9 mai 1859 au 52 de la rue de Berry (rue François Arago depuis 1881). Après des études chez les Frères de l'Instruction Chrétienne de l'Institut de Ploërmel ((Institut créé en Guyane le 1er février 1843), il est envoyé vers la métropole dès l'âge de 9 ans où il obtient le diplome d'ingénieur des Arts et Métiers d'Angers et celui d'ingénieur des Arts et Manufactures de l'Ecole Centrale.

Il revient en Guyane le 21 octobre 1884 en qualité d'administrateur de la Société des placers "Enfin", mais finit par exercer plusieurs activités : armateur, industriel, ingénieur, négociant, architecte et concessionnaire minier. Il devient deuxième adjoint au Maire de la Ville de Cayenne.

En tant qu'ingénieur, il se fait apprécier pour les travaux de canalisation favorisant l'écoulement des eaux de la place d'Arme (actuelle place léopold Héder) ainsi que ceux de la place de l'Esplanade. Il se fait remarquer lors du grand incendie du 2 Août 1888 ( maisons détruites dans les rues du Port, de Rémire, Franclin, d'Enfer, des Soupirs, du Commerce, Portal, Chaussée Sartines et Mentelle) et se voit décerner en récompense une médaille.

C'est surtout en tant que concessionnaire minier que Léonce Melkior a obtenu sa renommée en Guyane. La législation minière de l'époque, notemment le Décret minier du 18 mars 1881, ne permettant pas à un particulier ou à une société d'avoir plus de cinq mille hectares accollés les uns aux autres, Léonce Melkior, en vue d'obtenir 4 terrains aurifères dans la région qui deviendra la commune de Saül a recours au mandat. Il fait une demande de concession le 18 mai 1898,

  • en son nom propre et comme mandataire de la Société des Placers "Enfin" dont il est le représentant en Guyane,
  • au nom de Paul Beaujois, ancien conseiller général,
  • et au nom de Frédéric Magloire.

Cette concession de 20 000 hectares, articulée autour du Placer "Souvenir" se confond avec ce dernier pour devenir "Placer Souvenir" pour la population de la région. L'arrivée d'étrangers sur le sol guyanais (en particulier de Sainte-Lucie) attirés par l'or et extrayant le métal de manière anarchique et illégale (ces orpailleurs furent appelés des maraudeurs), oblige Léonce Melkior à alerter les autorités qui fixent de nouvelles règles d'exploitation : Les maraudeurs renommés "permissionnaires" ou chercheurs autorisés" sont admis à travailler sur les placers à condition de verser une redevance de 2 grammes d'or par semaine, et surtout de s'approvisionner exclusivement aux magasins de la Société (cette organisation de travail porte le nom de bricolage : le travail en bricole).

Léonce Melkior tombe gravement malade et meurt le lundi 21 septembre 1928 soit six semaines après son ami Jean Galmot. Un hommage lui est rendu par les notables de la Guyane. Les discours du Maire de Cayenne Auguste Quintrie et du président du Conseil Général Eleuthère Le-Blond sont émouvants.