Jean Galmot: 1er juin 1879-5 août 1928

" Je n'ai jamais été aussi heureux que dans le bois. Le bois, c'est la jungle de là-bas. J'y ai vécu des heures de fièvre qui valent les plus belles aventures d'amour, - celles que je n'ai pas connues... "

 

 

Périgourdin d'origine, Jean Galmot est né le 1er Juin 1879 à Monpazier, dans la Dordogne. Il appartient à une famille de six enfants. Sa soeur aînée, une religieuse aveugle, deviendra la confidente de Jean, enfant.

" Jean était - dit-elle - un enfant hypersensible ; sa tendre enfance dégage les traits marquants de sa personnalité ; tous parle de sa bonté, de sa générosité, sensible à la moindre remarque, son petit coeur vibrait même de façon peu coutumière chez un enfant...

Jean était particulièrement attentif aux injonctions de la morale et de la religion.... "

Très jeune se manifeste chez Jean Galmot le goût de la méditation, du travail et de l'aventure.

Il ne pose pas de problème à ses parents sur le plan scolaire : qu'il s'agisse du petit séminaire de Bergerac, où son père l'y a inscrit, qu'il s'agisse de l'Ecole du Sacré Coeur d'Issoudin où il est admis en pension à 12 ans, qu'il s'agisse du lycée d'Evreux et enfin du lycée Malherbe à Caen, où il prépare le concours d'entrée à l'Ecole Normale Supérieure. Aucun maître ne s'est plaint de lui ni ne répercute auprès de ses parents quelque appréciation défavorable. C'est un élève discipliné, sérieux. A preuve, cet éloge du proviseur du lycée Malherbe : " ... l'élève Galmot a des habitudes de travail et de discipline qui constituent de sérieuses garanties pour l'avenir ".

Il présente des aptitudes particulières pour les Lettres. D'ailleurs, en classe deseconde, il obtient le Prix d'Excellence de rhétorique. De plus, très tôt, il parle bien l'italien, l'anglais et l'allemand.

Il abandonne la préparation à l'entrée de l'Ecole Normale Supérieure. Les faibles moyens de la famille eu égard à ses charges et la conscience qu'il a de cette situation y sont pour quelque chose. Il faut ajouter que Jean Galmot ne peut plus résister à son désir d'action, à sa soif d'aventure, à son goût des voyages, à son appétit de paysages nouveaux.

Aussi, Jean Galmot n'a pas encore 20 ans qu'il se lance dans la vie active.

Il est tout d'abord précepteur à Saint-Die, dans les Vosges ; à San-Remo, en Italie. Il est ensuite rédacteur au " Petit Niçois " où il fait ses premiers pas dans le journalisme. Sa collaboration au journal est loin d'être négligeable. A en croire son rédacteur en chef que Blaise Cendrars a interrogé, sa collaboration au " Petit Niçois " en aurait accru considérablement le tirage. Ce n'est pas étonnant puisque Jean Galmot y fait paraître plusieurs écrits, fruits de son imagination fertile :

" L'Histoire du Calabrais, le satyre de l'Esterel ", " Les Bandits de Pegomas ", " La Redoute Rouge " où il donne dans le canular et même dans l'érotisme.

Les activités journalistiques de Jean Galmot le font connaître et remarquer. Elles lui donnent accès à la vie mondaine, au monde politique.

Les salons de la Côte d'Azur ne lui sont pas étrangers.

Pendant cette période mouvementée, il rencontre Marianne Hyedecker, une riche américaine née à Paris dont le père était Consul des Etats-Unis en Russie.

Jean Galmot l'épouse en 1906 et, la même année, il quitte la France à destination de la Guyane où son beau-père possède le Placer Elysée, dans la Mana.

Son déplacement est motivé, semble-t-il, par les raisons suivantes :

- s'enquérir des conditions d'exploitation du Placer Elysée et, au besoin, poursuivre et développer cette exploitation ;

- rédiger une étude sur le Guyane que lui aurait demandé le Ministère des Colonies ;

- trouver dans ce pays mystérieux matière à plusieurs articles susceptibles d'intéresser des périodiques métropolitains.

De fait, il publiera en France et dans différents journaux, plusieurs articles intéressants sur la Guyane qui vont accroître sa notoriété.

En Guyane, dès son arrivée en 1906, Jean Galmot se rend au Placer Elysée. Ce déplacement le met en contact direct avec la forêt, la jungle, agira sur lui comme un coup de foudre. Cette passion qui, petit à petit, va s'emparer de tout son être, il la fait partager dans " Quelle étrange histoire ". De plus, il en parle tout autour de lui au point que Louis Chadourne, un de ses secrétaires, s'en fera l'écho en lui prêtant les paroles suivantes à l'adresse d'un interlocuteur, dans " Le pot au noir " : " ... je n'ai jamais été aussi heureux que dans le bois. Le bois, c'est la jungle de là-bas. J'y ai vécu des heures de fièvre qui valent les plus belles aventures d'amour, - celles que je n'ai pas connues. Vous êtes un civilisé, vous ! vous ignorez les joies de la forêt, les semaines en pirogues sur les fleuves et les rivières, immobile, courbé sous un ciel de plomb, suivant du coin de l'oeil le sillage des caïmans, fidèles compagnons de route ; la marche, le sabre à la main, à travers les lianes et les bambous ; le marécage pourri d'insectes où l'on enfonce jusqu'à la ceinture, la riche puanteur du bois après la pluie ; le bond de la pirogue sur les rapides fumants ; la rauque mélopée des pagayeurs dans le soir ; vous ne connaissez pas la nuit sur la jungle, le silence grouillant de menaces obscures ; le frôlement mou des vampires et le cri obsédant du crapaud-boeurf. Et, surtout, vous ne connaissez pas cette ivresse du danger et de la solitude, l'homme colleté avec le destin et qui le terrasse.

La vie ! C'est dans la jungle que vous sentez son souffle sur la nuque, et non dans votre Europe hystérique et étiolée.

Ah ! C'est une forte haleine et qui pue la charogne. La jungle est un charnier : hommes, bêtes et plantes nourrissent son humus et, toute cette corruption fermente sous la voûte épaisse des feuilles. Que de fois et avec quelle volupté je l'ai humée, cette tiédeur étouffante de la forêt où se confondaient toutes les odeurs de la création ! Deux arômes terribles dominaient : celui de la semence et celui de la mort... Sur chaque branche, dans chaque touffe d'herbes tapie dans le taillis de bambous, sous l'ombrage glauque du manguier ou du mancenillier, je les ai flairés comme un chien sur la piste.

Si vous franchissez le seuil de la jungle, vous toucherez de votre paume le mystère chaud de l'existence.

Des fruits éclatants pendant aux branches ; ils sont empoisonnés. Des fleurs veloutées comme des prunelles et désirables comme des sexes palmitent dans l'ombre ! Elles vous tuent.

Des mouches irrisées comme des pierreries vous pourrissent d'ulcères. Les racines des plantes nourricières donnent la mort. La mort infatigable hante cette inépuisable fécondité... "

 Imprégné d'un tel amour pour le bois, si plein d'enseignement de la vie et des hommes, on comprend que Jean Galmot ne fasse que de brefs séjours en Métropole.

 Il devient le Fondé de Pouvoirs de la Maison Chiris & Cie. Les Chiris sont financièrement puissants. Ils font confiance au dynamique Jean. Ils lui ont offert des capitaux qui lui ont permis d'ouvrir un comptoir en Guyane. Les activités en cause concernent l'exploitation du bois de rose.

Les camarades de forêt de Jean Galmot ne tardent pas à devenir les clients de la Maison.

Il traite avec eux, dans un esprit d'équité et cette réputation qui l'entoure développe considérablement l'affaire Chiris.

On veut travailler avec Galmot parcequ'il est généreux, parcequ'il connaît le prix de l'effort et qu'il l'acquitte à sa juste valeur. De plus, il informe ses interlocuteurs de leurs droits sociaux et paye d'exemple en ce domaine.

Cette sollicitude à l'égard de son prochain fait écho. La réputation qui en résulte gagne la Guyane toute entière, de sorte que déjà, on commence à l'appeler " Papa Galmot ".

Il ne tarde pas à ressentir l'ambition de créer sa propre affaire, d'en finir avec sa condition de " brillant second ".

 Il fait une première tentative qui échoue. Force lui est de constater que " le domaine colonial de la France appartient à un petit groupe de grandes firmes qui contrôlent la vie économique de notre empire d'Outre-Mer. Les maisons syndiquées n'admettent aucune concurrence ".

 Ne se décourageant pas, il prend une nouvelle initiative en 1915.

Aidé d'une banque commanditaire, il fonde à Paris les Etablissements Jean Galmot qui ouvriront des succursales en Guyane.

L'expansion de son affaire se trouve favorisée par les circonstances.

Nous sommes en temps de guerre et la vente de certains produits est particulièrement bénéfique. C'est le cas notamment du rhum. Or, Jean Galmot est devenu le principal fournisseur de l'Armée pour ce breuvage destiné aux soldats de front.

L'ascension de son entreprise est fulgurante et présente quant à sa forme et son mode de gestion des aspects originaux. Son affaire épouse bientôt une dimension mondiale.

 Certes, ainsi que le dira Gaston Monnerville : " ..... Galmot avait fait saigner à blanc les arbres les plus accessibles... ", cependant, il n'en demeure pas moins que les Guyanais conservent une large part des profits réalisés par Jean Galmot.

Ils ne sont pas les seuls d'ailleurs puisque l'un des plus importants négociants de la Guadeloupe pourra écrire à cette époque : " ... La prospérité sans précédent, dans l'histoire coloniale de la Guadeloupe et de la Martinique, est due à l'activité que M. Galmot a dépensé pour le dveloppement de l'industrie et du commerce rhumier. Les capitaux importés dans nos vieilles colonies, grâce au concours de M. Galmot et distribués en salaires dans le pays se sont élevés à la Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion, à plus de 150 millions... ".

 

Dans la foulée du succès, Jean Galmot multiplie ses agences. Il dispose d'entrepôts à Paris, au Havre, à Bordeaux, à Nantes, à Marseille.

Son affaire est présente au Vénézuela, à Panama, à Porto-Rico, à Trinidad, aux Indes, en Afrique.

Il diversifie ses activités. Ainsi, outre la vente du cacao, du caoutchouc, du rhum, du blé provenant d'Argentine et qu'il introduit en France, il s'active dans la presse, le livre, la production cinématographique. Il intervient à maintes reprises auprès des Ministères en France, pour qu'aux colonies Françaises fussent crées des lignes aériennes, afin de faciliter les communications à l'intérieur et à l'extérieur de ses territoires.

En Guyane, là où un canot mettait de nombreuses semaines pour se rendre d'un lieu à un autre, l'hydravion effectuait le même trajet en deux heures.

Il est évident qu'une telle puissance a de grandes répercussions en Guyane. La vie économique est dominée par Jean Galmot, et, selon une loi bien connue, l'économique va agir sur la politique...

 Quand, après la guerre vient le bruit des élections législatives, on pense tout naturellement à Jean Galmot. Le candidat sortant est l'ancien Gouverneur de la Guyane, Albert Grodet qui a été élu en 1910 et maintenu en fonction depuis, en raison de la guerre. Il a subi l'usure du pouvoir.

De plus, une importante partie d'élus locaux vont entreprendre une démarche auprès de Jean Galmot pour qu'il se présente aux suffrages des Guyanais.

 De fait, Jean Galmot se présente aux élections de 1919, sans étiquette politique, mais avec un programme qu'il expose sur place durant la campagne électorale, avec un talent oratoire qu'on ne lui soupçonnait pas.

Il s'agit pour les Guyanais de se grouper autour de lui afin de redresser le pays.

Il dénonce la complicité de l'Administration avec les grandes firmes dont les ententes portent atteinte aux intérêts des sociétés coloniales et, par conséquent, aux populations concernées.

Ne ferme-t-on pas les yeux sur le rôle des commissionnaires dans les relations commerciales ?

En effet, ceux-ci achètent en dessous des cours " le balate aux prix de 5 F le kilo " pour le revendre " 30 F " ; passent des " marchés d'essence de bois de rose à 20 F le kilo alors que la même quantité se vend en France 150 F le kilo ; payent le gramme d'or 4 F tandis qu'il vaut 8 ou 9 F ".

 Il faut en finir avec ces anomalies. Jean Galmot est prêt à aider les Guyanais. Il offre d'engager sa propre fortune pour développer le pays. Dans cette perspective, Jean Galmot promet, entre autres, de financer la mise en fonction d'un tramway pour le transport de voyageurs et de marchandises.


Galmot prononçant un discours au balcon de la maisonMelkior
Place des Palmistes


Serment de Jean Galmot pour les élections
du 16 octobre 1919

 Les déclarations de Galmot enthousiasment la population charmée par cet accent de sincérité.

 A cette époque, Eugène Gober est déjà un personnage important en Guyane. Dans ces conditions, il ne lui est pas difficile d'aider Jean Galmot dans son élection en 1919, face à Albert Grodet.

Il emporte largement la victoire dès le premier tout. Député, Jean Galmot fait partie des non-inscrits au Parlement, conséquence logique de sa préparation sans étiquette aux élections et de la spécificité de l'action qu'il entend développer.

Au Parlement, son acitivité est intense. Il devient vice-rpésident de la Commission de la Marine Marchande, secrétaire de la Commission des Colonies et Protectorat, membre de la Commission des Transports Aériens, du Comité d'Action Républicaine aux Colonies Françaises, du Conseil Supérieur des colonies du groupe des députés coloniaux, secrétaire du groupe de l'Aviation, membre du groupe du Tourisme et de l'Industrie Hôtelière, du groupe de Défense Paysanne, du groupe des Droits de la Femme, du groupe parlementaire de l'Organisation Régionale, du groupe de Défense des Officiers Ministériels, du groupe de la Protection des Finances Publiques, de l'Union Coloniale Française, de l'Institut Colonial Français, du Conseil Technique pour la Guyane de la ligue d'Exploitation aux Colonies.

Il est rapporteur d'en emprunt tunisien, membre fondateur de la ligue Franco-Italienne, membre d'honneur de la Presse Parlementaire.

Il est l'auteur d'une proposition de loi portant création d'une loterie nationale destinée à améliorer la situation des finances de l'Etat détériorée par la guerre.

 Exaltant les richesses de la Guyane, il suggère que l'avenir économique de cette colonie constitue une sorte de garantie d'emprunts à contracter à l'étranger au profit des caisses del'Etat.

Ardent promoteur de l'Aviation Civile, il demande la création de lignes aériennes dans les colonies. Lui-même organise un tour de France aérien avec ses propres avions.

Hors du Parlement et en Métropole, il est membre d'honneur ou Président de plusieurs oeuvres, associations, alliances, unions et syndicats d'initiatives, à Paris, en Dordogne et aux colonies.

 Député en Guyane, il multiplie ses succursales à travers le pays, fait des prêts pour le développement des industries ; s'associe financièrement à plusieurs d'entre elles.

Il inspire et participe à la création de la " Société des Transports Aériens Guyanais ".

Il provoque l'augmentation du prix de vente du bois de rose, du balata et de l'or.

Tout cela ne fait qu'amplifier la popularité de Jean Galmot.

 Cependant, à partir de 1922, il va affronter des difficultés qui auront des répercussions en Guyane. Il est éclaboussé par " l'Affaire des Rhums ".

De quoi s'agissait-il ?

Jean Galmot avait beaucoup spéculé sur le rhum. L'écoulement étant facile pendant la guerre, grâce aux commandes de l'Armée, commandes augmentées au moment où a sévi la grippe espagnole. Cependant, une fois la guerre terminée et plus précisément en 1920, les besoins ayant brusquement diminués et la production ayant augmentée, les cours du rhum s'effondrent. Or, Jean Galmot s'est endetté. Pour se tirer de ces embarras financiers, il a recours au warrantage. Il s'agit d'une opération qui s'éavère illicite et qui consistait à présenter comme garantie de paiement des titres constatant le dépôt de marchandises dans des magasins généraux, en l'occurence des quantités énormes de rhum. Ces warrants perdent de valeur chaque jour du fait de la chute du prix du rhum et Jean Galmot se trouve dans l'impossibilité de faire face à ses obligations.

Les concurrents de Jean Galmot l'attaquent aussi bien à la Chambre des députés que dans la presse.

Il résiste à plusieurs accusations ; mais à la suite d'une plainte émanant de la " Société des Banques de Provinces ", il est procédé à son arrestation dans des conditions d'une légalité douteuse. Son procès a lieu le 17 décembre 1923. Il est condamné à un an de prison avec sursis, 10.000 F d'amende et 5 ans de privation d'exercice de ses droits civils.

Ces nouvelles sont bien entendu connues en Guyane, mais ses partisans le croient victimes d'un complot, d'une machination diabolique. Il n'y a donc pas de raison de l'abandonner.

Ce n'est pas le cas d'Eugène Gober qui a déjà choisi de lâcher un homme qui a trop d'ascendant sur le peuple. Gober prépare alors son éviction de la scène politique et celle-ci devra avoir lieu en 1924. Eugène Gober est puissant. Il tient les urnes mais cela n'est pas suffisant, encore faut-il que l'Administration, avec toutes ses ramifications, soit de son côté. On assiste à partir de 1921 à une multitude de mutations, d'affectations de circonstances, et un déplacement de cinq mois d'Eugène Gober en Métropole n'est pas sans rapport avec ces différents mouvements.

 C'est durant ce séjour en France qu s'effectue également le choix du candidat à opposer à Jean Galmot. Il s'agit d'un certain Eugène Lautier. Le moment venu, tout sera mis en branle, y compris la fraude pour permettre l'élection de Lautier, laquelle doit avoir lieu le 11 Mai 1924. A partir de ce moment, on multiplie les fraudes à chaque élection afin d'enlever toute influence de Jean Galmot dans le pays.

Cependant, les partisans de Jean Galmot n'abandonnent pas le combat et se préparent pour le renouvellement de 1928. A l'approche de cette échéance, Jean Galmot fait connaître sa candidature ainsi que celle de son ami Georges Anquetil, pour qui il invite de voter. Il semble que Jean Galmot veuille cacher aux Guyanais son inéligibilité résultant de la condamnation dont il a été l'objet. Quoi qu'il en soit, ce qui devait arriver, arriva ; la fraude aidant, Lautier, une fois de plus est élu.

 Ces résultats inadmissibles provoquent des troubles à la suite desquelles Eugène Gober sera contraint de démissionner de ses fonctions de Maire de la ville de Cayenne et de Président du Conseil Général. Il prendra la fuite à destination de l'Afrique et l'on ne le verra plus jamais en Guyane.

Quelques temps après, plus précisément le 6 août 1928, Jean Galmot meurt...

Benjamin Ullmo a raconté dans son journal les deux journées qui ont suivi la mort de Jean Galmot

" ... Il était sept heures et demi... j'embrassai Clémence avant de partir au travail, lorsqu'un libéré qui travaillait chez nous comme jardinier, vint à moi en courant et me dit :

- Galmot est mort !

- Comment, où ça ?

- Il est mort à l'hôpital des Soeurs de Saint-Paul depuis hier soir. On dit qu'il a été empoisonné...

La nouvelle me stupéfia. J'avais quitté mon travail le samedi soir ; j'avais passé mon dimanche bien tranquille à la maison. Je ne savais pas que Galmot fut malade. Et voilà qu'on m'apprenait sa mort....

Je crus d'abord à un faux bruit. Les gens de Cayenne depuis quelque temps s'échauffaient volontiers à propos de rien. J'allais me renseigner avant d'aller au bureau. Mais Clémence ne l'entendait pas ainsi.

- Tu ne vas pas sortit tout de même ?

- Et pourquoi pas ? dis-je

- Fais attention. Si Galmot est mort, il vaut mieux que tu restes ici parce qu'il va y avoir des histoires.. Clémence aurait dû dire des drames ! ...

J'étais pourtant parti tranquillement à bicyclette. En cours de route, j'avais voulu m'arrêter à l'hôpital pour avoir la confirmation des dires de mon jardinier. Mais je m'étais ravisé. Bien m'en a pris, car en me renseignant si tôt, je me serais rendu suspect... comme deux Cayennais qui payèrent de leur vie semblable curiosté. Une curiosité malsaine, d'ailleurs...

Chez Tanon où j'arrivais, mes collègues travaillaient comme à l'accoutumée, personne ne savait rien de précis. On attendait. Pourtant, peu à peu, le marché, si animé d'ordinaire, se vidait.

Et ce silence, cette solitude soudaine, avaient quelque chose qui n'augurait rien de bon. Nous comprenions tous que si réellement Galmot était mort, personne ne serait désormais capable de se faire écouter du peuple. Déjà, dans la rue, des habitants passaient en hurlant, des femmes surtout...

Peu avant 9 heures, ce jour-là, devait avoir lieu une vente aux enchères de marchandises avariées appartenant à notre maison. Comme j'étais chargé de m'en occuper, j'allais donc me rendre à la salle des ventes. Chemin faisant, pourant, je devais encore me raviser ; ce n'était pas le moment de rester dans la rue. La vente ne pourrait avoir lieu. Des groupes d'hommes et de femmes gesticulaient. On sentait monter la colère populaire.

J'étais à peine de retout au bureau lorsqu'arriva une autre nouvelle stupéfiante : Larose vient d'être lynché devant le commissariat, criait-on.

Larose était un créole d'origine anglaise, ancien gardien du cimetière " piailleur " notoire, âme damnée de Gober

Larose s'était-il vanté d'avoir fourni le bouillon qui avait empoisonné Galmot ?

C'est très possible, étant donné la mentalité des gens de couleur. Toujours est-il qu'assailli à coups de roches, Larose avait tenté de se réfugier au commissariat de Police qui ne l'avait pas accueilli. Et il avait été achevé à coups de bâton par la foule déchaînée.

Cette même mentalité avait poussé deux Lautiéristes, aux aussi grands électeurs anillais, ayant profité depuis des années de tous les avantages du parti au pouvoir à rôder depuis le matin autour de l'hôpital où Galmot agonisait.

Ils avaient naturellement été vus et lorsque vers 10 heures, l'un d'eux était revenu dans ces parages, il avait été poursuivi à coups de roche et finalement abattu à coup de fusil de l'autre côté de la crique qui traverse Cayenne, côté sud.

On avait tué Larose ; cela n'émouvait personne. Mais on avait tué aussi Bourgarel, ce qui nous bouleversait. C'est que nous l'aimions bien ce Bourgarel. Il ne se passait pas de semaine, en effet, sans qu'il vînt dans nos bureaux pour une affaire ou une autre. C'était un gros entrepreneur et entendions encore son étrange voix criarde résonner à nos oreilles.

Au bureau, donc, personne ne pouvait travailler; ces deux morts coup sur coup nous laissaient sans voix. Pour le moment, que savait-on ? Que Galmot était mort, empoisonné...

Mort après trente six heures d'atroces souffrances. Tous les symptômes étaient ceux d'un empoisonnement.

Vers onze heures et demi, ma bonne m'avait apporté un petit mot de Clémence qui me recommandait de ne pas sortir dans les rues et qu'elle enverrait mon déjeuner. Je me souviens avoir montré ce billet à mon patron qui était visiblement inquiet de la tournure que prenaient les évènements.

Pourtant, ni lui, ni personne, ne pouvait imaginer que les choses iraient aussi loin qu'elles sont allées. On ne pouvait tout de même pas prévoir à cette heure que, le lendemain, un Gouverneur Français livrerait à la foule pour qu'elle le lynchât un haut fonctionnaire du pays.

Et j'étais rentré à la maison tranquillement où je devais trouver Clémence très surexcitée.

L'après-midi fut en apparence plus calme. En réalité, la population discutait ferme. L'empoisonnement de Galmot ne faisait de doute pour personne. Et comment cette population en eut-elle douté ?...

Au commencement de la nuit, sur quel mot d'ordre, on ne peut le savoir, la foule se dirigea vers la maison du Docteur Jean. Ce haut fonctionnaire, chef du Service de l'Instruction Publique, aimé jadis comme médecin, était haï maintenant parce que le plus acharné partisan de Gober.

Il n'était pas dans sa maison. On la vida complètement, détruisant tout méthodiquement. Ce fut ensuite la maison de Gober qui subit le même sort. Sa femme trembmante de peur, assistait à ce pillage, de son grenier.


Maison de Eugène Gober après les émeutes


Maison du Docteur Jean Clément après les émeutes

Deux ou trois autres maisons de Lautiéristes inoccupées furent mises à sac. Puis, au petit jour, la foule envahit tout près de la crique deux maisons, occupées celles-là.

Dans l'une, un jeune Guadeloupéen, lieutenant de Gober, fut tué sous les yeux de sa vieille maman. Dans l'autre, un vieillard haï, parce qu'à toutes les élections, il avait présidé le bureau de vote, fut tué, lui aussi, devant sa femme.

Au petit matin, Cayenne était si calme que l'on ne pouvait croire les gens qui vous disaient : " ils ont tué Jubel, ils ont tué Thébia. Ils ont tué Untel...

 

A cinq heures, ce jour-là, on devait enterrer Galmot ; mais la majorité de la population avait juré que ces obsèques ne se feraient pas avant d'avoir fait justice. Ce que désiraient ces gens, c'était qu'on leur livrât le Docteur Jean, chef de service de l'Instruction Publique et le Martiniquais Servais, employé au Trésor.

La foule menaçante grossissait de minute en minute devant l'hôpital, réclamant le Docteur Jean...

Au lieu de tout tenter pour contenir la foule hurlante, le Gouverneur, sous prétexte d'éviter une nouvelle effusion de sang, et le médecin-chef de l'hôpital afin de protéger ses malades, avaient fait sortir le Docteur Jean, sous l'escorte de quelques gendarmes, qui avaient la consigne formelle de ne pas faire usage de leurs armes.

 

Nouvelle erreur. Car, à peine le malheureux médecin étaot-il dans la rue qu'une avalanche de roches s'abattait sur lui. Deux fois le Docteur Jean tomba. Deux fois on le releva pour le porter presque mort jusqu'à la prison voisine.

Mais ce n'était pas fini ! Les autorités ayant voulu tout de même porter secours à l'homme qu'elles avaient subitement exposé à la vindicte publique, réclamèrent d'urgence un médecin.

Lorsque celui-ci arriva, la oule se rua à sa suite dans la prison et, bousculant les gardiens, acheva le moribond...

Après quoi, ayant pu retrouver la cellule où se trouvait le Martiniquais Servais, les émeutiers l'avaient traîné par les pieds jusque dans la rue pour lui fracasser la tête sur le pavé.

Deux nouvelles victimes étaient à ajouter au funèbre bilan... ".

Charles Pean, de passage en Guyane à l'époque relate dans " Conquête en terre de bagne ", ce qu'il a entendu quelques jours après les évènements, le 10 août 1928 :

" ... A notre arrivée, la nuit étend sur Cayenne ses voiles sombres parsemés de points d'or.

Visiblement, une agitation extraordinaire troubleles habitants, échauffe les esprits autant que les propos. Et, sur la capitale Guyanaise, pèse une atmosphère lourde, inquiétante.

De loin en loin, des bribes de phrases me parviennent.

Le Gouverneur a demandé des renforts

Le Docteur s'est caché à l'hôpital, mais on a mis sa tête à prix. Il y passera comme les autres....

Une grande foule s'est assemblée devant la Mairie et, dans la nuit devenue maintenant complère, des cris dominent, par moments, les bruits de cette fin de journée tragique.

Cela fait six morts...

Le dernier, c'est J... (le directeur de l'enseignement public). Il s'était réfugié à l'hôpital avec sa femme et ses quatre enfants ; mais, comme la foule menaçait de mettre le feu, ils l'ont livré.

Des dénégations et protestations passionnés ayant éclaté, la même voix reprend :

" C'est tout comme s'ils l'avaient livré. Il était, en effet, escorté de quelques soldats, mais quand ils sont arrivés au coin de la rue, la foule s'est jetée sur lui et l'a massacré.

Il n'était pas tout à fait mort. La preuve, c'est qu'on l'a relevé et porté à la prison.

Sans doute, seulement quand la populace a su qu'il vivait encore, elle a enfoncé la porte de la prison, l'a tiré dans la rue, et là, les femmes et les enfants l'ont achevé.

Un long silence suit ce récit atroce ; puis une voix très haute reprend :

- " Et B... ! Ils l'ont cherché pendant deux heures, et l'ont trouvé finalement caché entre deux matelas ! Après l'avoir frappé et blessé, ils l'ont précipité par une fenêtre du deuxième étage, à la foule qui hurlait...

Je suis épouvanté, tandis que le conteur, infatigable et invisible ajoute :

" Il avait pourtant plus de soixante dix ans ce malheureux.... "

En définitive, les troubles consécutifs à la mort de Jean Galmot auront fait six victimes, toutes choisies parmi les amis de Lautier ou de Gober.

Quant à l'inhumation de Jean Galmot, elle a lieu ce même 7 août 1928 au cimetière de Cayenne. On y écoute, le coeur serré, le discours prononcé par son ami politique, Albert Darnal, Avocat et Président de l'Association des Amis du Livre :


Enterrement de Galmot

" ... Devant notre malheur, devant notre immense douleur qu'aucun chant ne peut bercer, les mots n'ont pas de sons, les paroles n'expriment plus rien.

Les larmes coulent lentement sur nos joues parce que seules, elles peuvent soulager notre coeur mais les larmes elles-mêmes ne suffisent pas pour exprimer le désespoir de tout un peuple dont Galmot était la vivante idole.

Les femmes, les enfants, les hommes eux-mêmes souffrent. Dans les foyers, partout, sourdent des gémissements.

Galmot est mort après des souffrances horribles. Il avait offer sa vie pour la liberté.

Galmot est mort.

Nous perdons notre animateur, nous perdons le poète qui a su chanter la Guyane.

Je le revois encore, en 1919, quand il vint aux " Amis du Livre " présider à la causerie que faisait son ami et collaborateur d'alors J.F. Merlet.

Tout en parlant de littérature, il exprimait son vouloir de se faire un nom dans les Lettres Françaises.

A ses côtés, il avait Louis Chadourne, mort depuis en pleine force, laissant un brillant bagage littéraire parmi lequel ce " Pot au Noir " où Galmot était croqué avec art.

Et dans notre petit cercle familier où l'intimité se reserre, Jean Galmot qu'écoutaient avec nous des écrivains de talent, évoquant son " Etrange Histoire ", songeait déjà au livre qu'il allait écrire et dont le titre est maintenant pour nous, à jamais, un symbole :

" Un mort vivait parmi nous "

Ce mort qu'il voyait à travers les hallucinations de la fièvre, ce mort, le voilà : c'est Jean Galmot

Oui, mes amis, un mort vivait parmi nous, c'est sa grande silhouette, c'est son âme, incarnation de la bonté.

Mort, il est plus grand que jamais puisqu'il est un idéal !

Notre mort vit parmi nous .

C'est à nous de comprendre la grande leçon de liberté et d'union fraternelle qu'il a su incarner.

Il a créé parmi nos amis le rapprochement nécessaire à une oeuvre de relèvement. Il a su faire oublier aux uns et aux autres leurs antipathies et les forcer au travail commun pour la plus grande Guyane.

Jean Galmot, poète épris de liberté, avait le rêve grandiose et c'est cela qui l'a brisé une première fois, ruinant ses espérances et les nôtres. C'est ce rêve qui l'a fait rester parmi nous où il a été terrassé.

Mais il nous reste un peu de ses rêves puisque nous avons ses livres. Il en est un toutefois que nous ne lirons pas :

Il y a quelques mois à peine, en présence d'Amiot qui représentait Georges Anquetil et de son ami Bietz, il traçait les grandes lignes du livre qu'il préparait et dont les feuillets encore incertains se trouvent sans doute dans les papiers que pieusement nous enverrons à sa veuve.

Je l'entends dire quelle serait sa joie, une fois son labeur politique achevé, d'aller bien loin vers la Comté pour y passer quelques jours dans le calme de ces grandes forêts dont mieux que personne il avait connu le troublant mystère ey écrire le poème à la Guyane.

Mes chers amis, Galmot est mort. Il n'a pas réalisé ce rêve-là, non plus, il n'a pas réalisé tous ses beaux rêves, mais il en est un qui est maintenant une réalité ; il nous a rendu la Liberté dont il est le martyr. Il est mort pour elle et nous semblons rester sans chef.

Non, il nous reste un quand même, lui.

Il faut que nous nous haussions jusqu'à lui qui savait que certains morts ont une vie éternelle ; il nous faut comme lui, avoir cette vision qui permet de reconnaître toujours présent parmi nous notre mort le plus cher. Il faut que Jean Galmot vive dans nos pensées.

Ce grand mort qui vivra parmi nous fera solide l'union qu'il avait créée pour la défense sacrée de la liberté et si quelqu'un était tenté d'oublier son oeuvre, la grande silhouette aux gestes harmonieux poussrait comme une ombre nos yeux pour éteindre la lueur de discorde qui s'y serait allumée.

Jean Galmot, tu vivras, tu vis parmi nous. Ce ne sont pas seulement les " Amis du Livre " qui te pleurent, c'est le pays que tu as libéré. Ta veuve et ton fils, mon ami, à travers leurs larmes, malgré leur douleur, seront orgueuilleux de ton martyr, tou qui fus traîné dans la boue...

Et vous, sa bonne vieille maman, vous dont il parlait avec des sanglots dans la voix, quelle n'est pas votre détresse. Vous ne l'avez pas embrassé une dernière fois, celui qui, malgré son âge était votre petit. Vous auriez voulu le tenir contre vous, le câliner, le bercer longuement afin que ses dernières heures fussent des heures de douceur et de tendresse.

Pauvre maman, vous n'avez pas pu le faire. Si notre amour pour votre fils peut vous consoler un peu, songez que nos femmes, nos soeurs et nos filles l'ont pieusement baisé au front et lui ont donné le chaud manteau de leur affection. Et quand vous aurez son portrait, vous verrez qu'il est resté sur ses lèvres, après sa mort, un sourire doux et bon qui est comme sa dernière pensée à tous ceux qui l'ont aimé.

Jean, mon frère, comme vous vouliez m'entendre vous appeler. Jean, mon frère, ne dormez pas. Faites-nous sentir votre présence, nous en avons besoin pour raminer notre foi et nos espérances.

Jean Galmot, mon frère, merci ! "

Avec l'enterrement de Jean Galmot, le dossier Galmot n'était pas clos

Tout d'abord, les émeutes de Cayenne des 6 et 7 août 1928 ont donné lieu à un procès qui s'est déroulé à Nantes en 1931. Terminé par un acquittement général, il a permis à l'avocat, Gaston Monnerville, d'amplifier sa notoriété en France. Et, en récompense de sa plaidoirie, les Gutanais lui ont ouvert l'accès de la députation du pays dès 1932, et pour une longue période, puisque l'opposition à Galmot avait été réduite au silence.

Mais les années passant, on commença à s'interroger sur Jean Galmot, cet homme qui avait été à l'origine de la plus grande tragédie de l'histoire de la Guyane.

En particulier A. Elosel,dans un article de l'Observateur de 1936 intitulé " Les Elections Législatives ", dresse dans un premier temps et à la lumièe d'éléments nouveaux, un portrait de Jean Galmot :

" .... Je dirais seulement que Jean Galmot était un grand coeur qui aimait ce pays et qui pouvait y faire beaucoup de bien, si ce n'était son esprit de brasseur d'affaires, peu scrupuleux des moyens, ne considérant que le résultat à obtenir.

Ce caractère appartient aux hommes forts, non dépourvus de génie, qui n'ont jamais eu peur dans leur vie. Ils passent dans un pays comme l'ouragan des tropiques ; ils bousculent, bouleversent tout sur leur passage, parfois, ils y restent en martyr ; on leur tresse des couronnes, parfois, on les voit gravir les marches de l'échafaud ; parfois, ils sont conduits sous l'Arc de Triomphe ; ce sont les libérateurs des mondes, des Bolivar dont les noms sont immortalisés.

L'homme n'est pas maître de son destin.

Mais qui a tué Galmot ? De bonne foi, je crois que cet homme est mort empoisonné.

Comment et par qui ? Toutes les versions, toutes les hypothèses qu'on a éablies pour la cause, la plupart combinées par passion sont insensées, ridicules et ne s'appuient sur aucun fait pouvant constituer une preuve.

Cependant, après examen et analyse des retses de Galmot par les plus hautes compétences médicales, la France a déclaré : " Galmot empoisonné par poison lent, autrement dit suicide involontaire ".

D'autre part, l'affaire Stavisky n'a-t-elle pas projeté une vive clarté sur le tableau sombre de la vie et de la tragédie de la mort de Jean Galmot. Et alors, pourquoi avoir assassiné, massacré dans des conditions aussi atroces, aussi sauvages, six innocents ; pourquoi, après huit années, n'a-t-on pas entendu un mot de regret, une parole de pitié à l'adresse de ces malheureuses victimes ?

Hélas ! Il n'y a donc pas de coeur humain dans ce pays...

A la fin de cette évocation concernant Jean Galmot, sa vie, ses passions, son impact, sa mort, les conséquences de celle-ci, le même mystère demeure : Galmot a t-il été empoisonné directement ou indirectement par ses adversaires ?

Galmot, acculé, ne s'est-il pas suicidé pour échapper à l'irruption de son véritable visage devant ses partisans ?

 
Couverture du journal "Détective" du 30/01/1930 qui servit d'Affiche au film d'Alain Maline
"Jean Galmot Aventurier"


Tombe de Galmot au Cimetière de Cayenne


Avec l'aimable collaboration de :

Auxence Contout

Yves Nolan

Rodolphe Robo

Editions Anne.C